Les jeux vidéo, quelle merveille ! Tant de bienfaits qu’il est difficile de tout lister. Et pourtant, nous avons essayer de vous en parler de manière détaillée. Si les amateurs de manettes ou de PC sont pour la plupart convaincus de son caractère ludique et distrayant, l’industrie du vidéo-ludique ne fait pas l’unanimité. La cause, de nombreux clichés qui ont la vie dure. Ça tombe très bien, parce qu’ils serviront de base à cet article. Bienvenue dans ce troisième épisode de Break’intellect !

Au revoir les clichés, bonjour la réalité !

Une petite chose à préciser : le mot pharmakos a son importance dans notre titre. Il exprime le médicament et le poison en même temps. Tout comme le pharmakos, le jeu vidéo possède un bon et un mauvais côté.

Les jeux rendent violent.

On commence fort, mais on peut comprendre. On voit très souvent des joueurs piquer une crise pour une défaite ou une énigme difficile à passer. YouTube n’a pas arrangé les choses puisque ces actes sont devenus humoristiques, comme l’Angry German Kid et son clavier en morceaux. On peut aussi voir des joueurs pleurer car leur console est jetée par la fenêtre, ou les jeux passés sous une tondeuse. Pour les habitués c’est très drôle, on en convient.

Mais pour un parent ou un néophyte, les réactions ont de quoi effrayer. « Comment peut-on réagir aussi mal pour une machine ? Ils sont complètement malades ! » , « Ils n’ont qu’à  vivre normalement au lieu d’être constamment en train de jouer« . Malheureusement… c’est un peu vrai. Ce n’est pas une attitude normale si les colères sont fréquentes, qu’il y a un attachement obsessionnel à la console. C’est aussi pour ça que les joueurs en rient : parce que c’est démesuré et inhabituel.

Oui, cela peut rendre violent, mais ce sont des cas extrêmes. On peut piquer une colère, cela n’est pas grave ni inquiétant tant que ceci est occasionnel. Et entre nous, on a déjà vu des gens hurler pour avoir perdu au Monopoly.

Les joueurs sont cloîtrés chez eux et s’isolent.

Encore une fois, ça peut être un cas isolé. Il faut savoir que de nombreux jeux peuvent être lancés « en ligne », c’est-à-dire que plusieurs personnes peuvent jouer ensemble, chacun chez soi. On peut même brancher des micros pour discuter, se faire des amis. Jouer ne veut pas dire que l’on est tout le temps seul, même si certains aiment le fait d’être dans une petite bulle pour jouer sans distractions extérieures autour de soi ou dans le jeu. La solitude pendant une session de jeu peut tout simplement être une échappatoire, un moyen de se détendre après une journée de travail. Après tout, chacun choisit comment se détendre. Certains aiment le jardinage, d’autres la natation, et d’autres encore privilégient le jeu vidéo. Rien de plus.

Il n’y a que les mecs qui jouent. C’est pas pour les filles.

Ha. Absolument pas ! Disney l’avait prévu depuis le début en créant des jeux sur les princesses de sa licence, car il faut dire, ça fait 50% de joueurs en plus. Et au cas où vous auriez un doute, les filles peuvent jouer à World of Warcraft, DOOM, Cyberpunk 2077 ou même Resident Evil.

Ils véhiculent de mauvais principes, des joueurs apprennent à tuer des gens sans le savoir.

Mesdames, messieurs, nous allons être très crus. Quand vous aviez environ 8 ans, vous avez commencé depuis plus ou moins longtemps à distinguer rêve et réalité. Le jeu vidéo n’est pas le reflet du concret, il ne fait que s’en approcher. Si un adulte n’est pas capable de faire la différence entre les deux, il est important de se poser des questions. Si votre enfant est confronté à des jeux où l’on tue, on pille, on viole, c’est aux parents de se questionner sur la qualité de leur éducation.

En gros, c’est juste appuyer sur des boutons et voir de belles vidéos.

Celui-là, c’est notre préféré ! C’est ici que l’article va prendre tout son sens. Pas question de sur-vendre le sujet ; il faut néanmoins accepter le jeu vidéo comme plus qu’une simple distraction primaire. Cette culture a connu une évolution non négligeable jusqu’à être utilisée dans des domaines que vous ne soupçonnez peut-être même pas. Dans un précédent article, nous vous parlions des limites à fixer pour ne pas tomber dans l’addiction. Comment vous avez pu le lire, nous nous attardons ici sur le bon côté de la Force.

Éducation par la stimulation

Nous avons pris plusieurs cas dirigés par des universités, des groupes de recherche et même des témoignages de notre entourage de gameurs. Nous n’assurons pas la totale véracité de nos informations, mais cela peut donner un ordre d’idée de ce que les jeux vidéo apportent au développement intellectuel humain.

  • Amélioration de la vue avec Call of Duty : les individus disaient distinguer des changements subtils de luminosité et une amélioration du contraste (Université de Rochester, 2009).
  • Augmentation de la plasticité du cerveau grâce à Starcraft : la Queen Mary University of London et l’University College London estiment que le jeu permet d’effectuer des tâches cognitives plus rapidement et plus justement grâce à son côté stratégique.
  • Ralentissement du vieillissement : deux heures de jeu vidéo par semaine ralentirait le déclin mental dû à la vieillesse ; 10 heures pourrait le retarder de sept ans (Université de l’Iowa).
  • Amélioration de la lecture pour les enfants dyslexiques : les jeux d’action utilisés seraient utiles pour lire plus rapidement et avec plus d’exactitude grâce à une attention plus accrue.
  • Soulage psychologiquement la douleur : on constatait une diminution de la douleur entre 30 à 50% car on stimule les sens plutôt que d’être focalisé sur la douleur (recherches de l’American Pain Society).
  • Un niveau de langue étrangère plus élevé, notamment l’anglais.
  • Une meilleure mémoire.
  • Une capacité d’analyse accrue.
  • Des possibilités d’apprentissage (voyez cet article pour en savoir plus).
  • Les enfants peuvent apprendre les enjeux écologiques avec Power Up ou Arrêtons les catastrophes, dont le dernier a été conçu par l’ONU.

Vous le voyez, les jeux vidéo sont plus qu’un divertissement selon les jeux visés ainsi que les consoles. Les recherches vont même encore plus loin avec la technique du VR (Virtual Reality) et les capteurs de mouvement des manettes. Cela vient abattre un autre cliché : les catégories de jeu. « Tu joues à Minecraft ? T’es un bébé qui joue avec des cubes. Call of Duty c’est pour les ados qui veulent se défouler après le collège« . Si nous avons parlé de Call of Duty, il faut savoir que Minecraft est considéré comme un serious game, c’est-à-dire un support d’éducation, ici pour la géométrie spatiale dans les petites classes. Ne jamais juger un livre sur sa couverture. Que diriez-vous de pousser les bienfaits à un plus haut niveau ?

Quand le corps a besoin d’un reboot

Parce que le jeu vidéo ne se concentre pas uniquement sur des « bonus » à donner à notre corps, il permet aussi de pallier à d’éventuels diminutions rencontrées après un accident ou tout simplement avec l’âge.

  • Super Mario 64 serait une thérapie satisfaisante pour les patients atteints de troubles mentaux (schizophrénie, syndrome de stress ou même Alzheimer) (Étude allemande).
  • Dans le même domaine, un jeu du nom de SPARX (Smart Positive Active Realistic and X-factor thoughts) a été utilisé pour soigner la dépression chez des adolescents de 15 ans. Sur 168 individus, 44% sont sortis de la dépression grâce au jeu contre 26% avec un simple thérapie (Recherche en Nouvelle-Zélande en 2012).
  • L’Université de Tel Aviv s’est servi des jeux vidéo pour aider les patients à retrouver la parole et de la motricité après un AVC. Leurs mouvements entre avant et après l’expérience a doublé, et il ne s’agissait pas de mouvements répétitifs mais ciblés.
  • Le jeu Fable : The Lost Chapters a permis à des patients souffrant de narcissisme identitaire et de complexe d’Œdipe de mieux comprendre la différence entre le bien et le mal, car ils pouvaient s’identifier à leur personnage.
  • On peut également traiter l’autisme et l’hyperactivité chez les enfants : c’est ce qu’a tenté l’Hôpital de Philadelphie avec le projet EVO. On ne peut évidemment pas guérir cela, mais améliorer leur capacité d’attention. Résultat, les enfants et les parents confirment que le projet fonctionne, à hauteur de 95%.

Bilan de nos recherches

Vous l’aurez sans doute compris, beaucoup de jeux sont bénéfiques au développement de l’être humain, qu’il s’agisse de phénomènes mentaux et/ou physiques. Cependant, bien que nous ayons tenté de dresser une liste des différents bienfaits du jeu vidéo, il est important pour nous de vous signaler que tous les jeux ne sont pas bénéfiques, et pas pour tout le monde non plus. Chaque être humain étant différent, avec son seuil d’acceptabilité ainsi que ses principes, il faut à tout prix choisir le bon support vidéo-ludique afin de profiter pleinement de ces améliorations. Nous ne parlons pas de cas extrêmes, mais vous savez qu’un jeu d’horreur a moins de chances d’inculquer un quelconque apprentissage, ce que la saga Professeur Layton fera bien mieux avec le travail de la logique.

Cependant, vous avez pu constater que tous les jeux vidéo, malgré leur réputation, ne sont pas à jeter. Nous nous adressons ici plus particulièrement aux « spectateurs », ceux qui ne jouent pas et que l’on appelle en Belgique les off-line : ne jugez pas trop vite un jeu sous prétexte qu’il ne vous plait pas. Il peut être éducatif, demander des efforts physiques et cognitifs. Il peut aider à faire du sport, comprendre la dichotomie « bien/mal », réduire le stress ; en outre, faire des joueurs de meilleures personnes. Cela n’est pas le cas en permanence, mais il suffit d’un bon choix de jeu pour y trouver son compte.

On te laisse la parole :