Fin des années 60, dans l’arrière pays américain. Voici le cadre qu’a choisi André Ovredal, le réalisateur de Scary Stories connu précédemment pour The Jane Doe Identity en 2016. Ce film est une réadaptation des livres pour enfants et jeunes adolescents du nom de Scary Stories to Tell in the Dark, un peu à la manière de R.L.Stine avec la saga Chair de Poule.

Si le film est considéré comme du contenu doté d’une épouvante assez légère, on était en droit d’attendre (avec impatience) la puissance influence scénaristique du producteur Guillermo Del Toro, vu comme le maître du fantastique à l’écran (Le Labyrinthe de Pan, L’Orphelinat, Crimson Peak…). Voyons donc si Scary Stories porte bien son titre.

Scary Stories

Une intrigue intéressante et bien ficelée

Dans le cadre dont nous parlions précédemment se trouve un groupe composé de Stella (Zoe Margaret Colletti), Auggie (Gabriel Rush) et Tommy (Austin Abrams), des lycéens plus que normaux. En 1969, toute la ville prépare Halloween, plus particulièrement notre trio qui rencontrera plus tard un certain Ramon (Michael Garza). Nos quatre compagnons partent donc fêter Halloween comme il se doit, en visitant une maison hantée bien connue dans le voisinage. Pas pour les bonnes raisons. Stella, fan d’horreur et écrivain en herbe, trouve un étrange livre de contes dont les récits sont malfaisants. En l’ouvrant, elle déclenche la réalisation de ces derniers sans pouvoir arrêter la malédiction. Les histoires prennent vie tandis que la mort s’installe.

Scary Stories

Un potentiel frustré

Oui, Scary Stories est un film très bien réalisé. Les acteurs jouent leur rôle à la perfection, les tenues sont d’époque, l’ambiance est typique (on pense notamment au cinéma en plein air devant La Nuit des Morts-Vivants). Des sujets d’actualité y trouvent même une place d’honneur, comme l’égalité hommes-femmes ! Toutefois, une barrière fait rapidement son apparition : celle de la mise en scène horrifique.

Scary Stories

Les contes étant initialement prévus pour un public jeune, il est donc normal de ne pas mettre trop d’éléments « perturbateurs », bien que Scary Stories regorge de quelques scènes dérangeantes. Autre point qui nous a sauté aux yeux vers la seconde moitié du film, c’est sa résolution. Il y a un vague déjà-vu à cause d’une fin mille fois exploitée, mais qui reste étrangement efficace.

Le mot de la fin

Scary Stories est un film bien pourvu en épouvante (surtout en jump-scares) sans beaucoup d’originalité, mais il a du mérite. Malgré une contrainte de taille, on y sent la patte experte de Guillermo Del Toro et son univers à part (les musiques en sont la meilleure preuve). Les créatures sont affreusement réalistes : quant aux histoires, elles font remonter des peurs enfantines enfouies depuis bien longtemps.

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