N’auriez-vous pas, par hasard, passé tout votre week-end dernier à faire du Mortal Kombat ? Ou bien à vous faire peur avec Follia – Dear Father? Eh bien désolé de vous le dire, mais vous avez un sérieux problème dans votre tête.
L’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) a classé ce 25 mai 2019 l’addiction aux jeux vidéo comme étant une maladie mentale. 

Lors de son assemblée du 25 mai 2019 à Genève, elle a adopté le texte ICD-11, (11ème révision du International Statistical Classification of Diseases and Related Health Problems). Parmi les modifications apportées, s’ajoute le “Gaming disorder”, ou “trouble du jeu vidéo”. Cela reconnaît officiellement l’existence d’un trouble mental lié à l’addiction aux jeux vidéo.

L’addiction aux jeux vidéo, une maladie mentale ? Vraiment ?

Dans le texte de la réforme, le “trouble du jeu vidéo” est défini par l’OMS comme :

L’existence d’un comportement persistant ou récurrent lié aux jeux vidéo, en ligne ou hors-ligne, se manifestant par :

– Une perte de contrôle sur sa consommation de jeux vidéo (selon entre autres la durée, la fréquence ou l’intensité) ;

– Une priorité importante accordée aux jeux vidéo, à tel point qu’ils deviennent plus importants que d’autres activités de la vie quotidienne ;

– Une consommation accrue des jeux vidéo malgré l’apparition de conséquences négatives, et dont le comportement est suffisamment grave pour impacter significativement la vie personnelle, professionnelle, familiale, sociale ou scolaire.

La raison derrière l’ajout du “ trouble du jeu vidéo” comme maladie mentale ne semble pas anodine. Sur la page officielle liée à la “maladie”, l’OMS explique qu’il fait suite à “un consensus d’experts issus de différents domaines […], ainsi  qu’au développement progressif de soins pour les personnes atteintes de ses symptômes ”. 

Néanmoins, l’OMS nuance ses propos. Elle précise que c’est une maladie qui ne touche “qu’une petite partie de la population impliquée dans des activités digitales”. Elle rappelle toutefois aux  gamers de “rester vigilants sur le temps passé à jouer, […] si cela impacte leur santé physique ou mentale”. 

L’industrie du jeu vidéo furieuse !

Forcément, la position de l’OMS est loin de faire l’unanimité. Les industriels du jeu vidéo ont tenu à faire savoir leur mécontentement ! 

Dans un communiqué de presse du 25 mai 2019 publié par l’ESA (Entertainment Software Association), plusieurs représentants de l’industrie vidéoludique ont appelé à faire machine arrière sur la décision. Pour eux, “le trouble du jeu vidéo ne se base pas sur suffisamment de preuves concrètes pour être mentionné sur l’un des outils normatifs les plus importants de l’OMS”. Ils ajoutent que l’industrie du jeu vidéo a “développé des outils de protection […] comme le contrôle parental, ainsi que des sensibilisations au jeu ‘responsable’ ” […]. 

Bref, un débat qui n’a pas fini de faire couler de l’encre ! Nul doute que la situation évoluera encore par la suite. Les modifications apportées par l’OMS entreront en vigueur le 1er janvier 2022. 

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