The Last of Us HBO : Notre avis sans spoilers sur le premier épisode de l’adaptation événement.

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Lorsque le divorce entre OCS et HBO a officiellement été acté, l’inquiétude était plutôt de mise. En plus de perdre la totalité du catalogue HBO, le bouquet perdait de facto les droits de diffusion sur l’adaptation très attendue du jeu culte de Naughty Dog. Le fait d’être sans nouvelles une semaine avant la sortie de la série faisait grimper cette inquiétude à son paroxysme, nous laissant avec la certitude que The Last of Us serait diffusée chez nous bien plus tard.

Mais c’était sans compter sur l’annonce surprise de Amazon Prime intervenue en milieu de semaine dernière qui, non content d’annoncer la récupération des droits de diffusion (ainsi que du catalogue HBO, qui devrait arriver courant Mars) ont également surpris avec la date effective de diffusion, et c’est ainsi que le premier épisode est déjà disponible chez nous. Cette adaptation comptera en tout 9 épisodes et nous sera programmé à raison d’un épisode par semaine et on vous dit donc tout de suite ce que l’on a pensé du pilote !

Au-delà de la copie conforme

Pour les néophytes, rappelons que l’histoire prend place dans un contexte de pandémie mondiale, toute l’humanité ou presque ayant été éradiqué par un virus et nous suivons Joel, un homme qui tente de survivre dans ce nouveau monde et Ellie, une jeune fille plutôt forte tête, que Joel est chargé d’escorter à l’autre bout du pays pour des raisons qu’on ne dévoilera pas ici.

Comment bouleverser davantage un titre qui a su tant marquer par sa puissance narrative ? Conserver d’ailleurs cette même force en faisant basculer le joueur à un statut de spectateur ? Et bien, on ne peut pas. Et ce n’est pas ce que The Last of Us cherche à faire. Une question qui implique avant tout de répondre à la problématique des bonnes adaptations de jeux vidéos et à ce titre, la réponse que nous révèle ce premier épisode est pour le moment très positive. Comme on l’a expliqué, il est difficile de bouleverser une narration si parfaite sans prendre le risque de la rendre au contraire moins impactante.

Joel Ellie The last of us HBO

C’est pourquoi ce premier épisode fait le choix non pas de la modifier mais de l’enrichir. L’introduction du jeu nous permettait d’incarner manette en main Sarah, la fille de Joel Miller. Ici forcément, nous n’avons pas de manette, ce qui pourrait amoindrir l’impact des évènements. Alors à défaut de ne pas contrôler le personnage, on passe bien plus de temps avec elle. S’ensuit alors une fin d’introduction qui a presque le même impact, restant toutefois atténué par l’absence de surprise. Les non-adeptes du jeu devraient néanmoins ressentir cet impact que le jeu nous avait alors offert.

Dire qu’il n’y a pas de modifications est un peu mentir mais honnêtement, le fait de décaler l’intrigue de 10 ans par rapport au jeu ne change quasiment rien, si ce n’est coller à notre époque et créer, volontairement ou non, un certain parallèle avec notre cordyceps à nous, appelé Coronavirus. À noter également l’absence des spores, ce qui constitue un petit bouleversement puisqu’il implique que les personnages n’ont pas besoin de porter de masques à même de couvrir leur expressivité de jeu et que les contaminations passent donc par des contacts directs (ou pas…) avec les infectés.

Un épisode porté sur la narration, bien moins sur l’action.

Ellie Tess The Last of Us HBO Ceux qui s’attendent à un trip façon Walking Dead avec son lot de défouraillage de zombies en tout genre risquent d’être aux abonnés déçus. Dès les premières minutes, on sent que The Last of Us va largement privilégier l’évolution et la relation de ses personnages et que les phases d’actions devraient être bien moins nombreuses que ce que proposait le jeu. Ça n’est pas plus mal, puisque la force de ce dernier ne résidait clairement pas dans sa jouabilité, bien qu’efficace dans le genre. La série prend au contraire son temps pour nous introduire en douceur dans son univers avant de nous amener sur un cliffhanger de fin efficace mais là aussi sans surprise pour les joueurs.

Une mise en bouche qui doit aussi sa réussite à son ambiance, celle-ci tirant efficacement parti du savoir faire de Craig Mazin et surtout Neil Druckmann, créateur du jeu qui co-produit la série et a également réalisé le second épisode. À noter que ce premier est dirigé par Craig Mazin lui-même et que chacun aura à peu de choses près un réalisateur différent. Le travail sur les éclairages et l’ambiance générale est franchement réussi et on ressent la froideur de l’univers, même si ce premier épisode ne parvient pas (ou refuse) de s’en retourner aux passages purement horrifiques du jeu, ce qui est un petit peu dommage.

En revanche, le principal point faible de ce premier épisode est justement sa mise en scène. Bien qu’elle ne soit pas à jeter, elle reste toutefois un peu hasardeuse. Si ce n’est l’idée, reprise du jeu, de filmer une séquence de désolation depuis l’habitacle d’une voiture, ce premier épisode n’offre pas vraiment de plans ingénieux à se mettre sous la dent. Ce qui est plutôt dommage, au regard de l’ambiance particulièrement réussie. On notera aussi un générique plutôt chouette artistiquement, accompagné de la musique de Gustavo Santaolalla, qui officiait déjà sur les jeux et reprend ici le thème principal de ce dernier.

De Game of Thrones à The Last of Us.

Un sujet qui a évidemment beaucoup fait discuter concernait le casting et plus précisément les interprètes du duo phare. Si l’annonce de Pedro Pascal/Oberyn Martell a été plutôt bien accueilli, celle de Bella Ramsay a davantage fait jaser, pour des raisons souvent absurdes, n’ayons pas peur de le dire. Et ce pilote nous permet donc d’apporter un début de réponse : Oui, Pedro Pascal et Bella Ramsay SONT Joel et Ellie.

Le premier joue parfaitement sur le côté rude et solitaire du personnage tandis que l’ex-interprète de Lyanna Mormont fait preuve d’un fort caractère et d’une intelligence qui ramène immédiatement à son homologue vidéoludique. Si on veut émettre un bémol, on parlera peut-être de son côté innocent qui est plutôt aux abonnés absents pour le moment  mais à sa décharge, elle apparait tardivement dans l’épisode et il en reste 8 pour faire toutes ses preuves, défi qu’elle est bien partie pour accomplir haut la main.

Sarah Miller The Last of Us HBO

Le reste du casting est tout aussi honorable. La jeune Nico Parker s’imprègne parfaitement du personnage de Sarah, de même qu’Anna Torv, dans une version de Tess légèrement plus nuancée que dans le jeu. Quant à Marlène, son rôle est repris à nouveau par Merle Dandridge qui joue une copie quasi conforme de celle qu’elle incarnait déjà dans les jeux (c’est d’ailleurs la seule de toute la distribution à être dans ce cas de figure, Troy Baker et Ashley Johnson y apparaitront dans d’autres rôles) à ceci prêt que son background semble avoir été légèrement modifié et promet des choses intéressantes pour la suite. Quant à Diego Luna, il apporte beaucoup de fraicheur à Tommy, même si on sent là aussi qu’il faudra attendre de nouvelles rencontres avec le personnage pour en apprécier davantage ses richesses.

Conclusion : Des débuts plus que prometteurs

En confiant le projet à HBO et au showrunner de Tchernobyl, Naughty Dog ne s’est assurément pas trompé. Prouvant ainsi leur volonté d’obtenir un traitement sérieux pour une aventure vidéoludique qui aura marqué les esprits, The Last of Us profite de son passage sur le petit écran pour sublimer un univers et des personnages complexes, ne prenant pas le risque de tout gâcher par des bouleversements insensés et sans non plus tomber dans le piège du simple copié/ collé dans lequel il aurait pu tomber.

Ne reste plus qu’à souhaiter une mise en scène un peu mieux travaillée pour la suite ainsi que la présence de scènes plus terrifiantes et normalement, on tiendra la plus parfaite des adaptations de jeux et une nouvelle masterclass pour HBO et Craig Mazin (et Neill Druckmann).


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Maximus
Maximus
Bonjour à tous ! fan du film Gladiator, comme l'indique si subtilement mon pseudo et forte préférence pour les expériences de jeux solos, ma première fois vidéoludique, c'était avec Harry Potter 2 sur GameCube, console chère (surtout ses jeux...) à mon cœur de joueur. Un peu commencé sur le tard par rapport à ma génération, mais depuis je me rattrape autant sur l'actualité que sur les jeux. D'ailleurs je vous laisse, je dois finir Final Fantasy 7...

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