Dernier titre d’une série ayant débuté en 2001, Tropico 6 est un jeu de gestion/stratégie édité par Limbic Entertainment et édité par Kalypso Media. Il invite les joueurs à se glisser dans la peau d’El Presidente et de guider toute une population à travers 4 ères. Déjà disponible sur PC, PS4 et Xbox One depuis plus d’un an, le jeu débarque sur Nintendo Switch. La portabilité est-elle réussie ? Voici en détail notre test.

Test de Tropico 6 sur Nintendo Switch

Une orientation politique

Si le fonctionnement fait penser à SimCity, Tropico 6 a une approche très politique de la gestion d’un peuple. En effet, le joueur se retrouve avec le destin de tout un pays entre les mains ainsi que tous les pouvoirs ! El Presidente peut alors tout aussi bien être un leader pacifiste agissant pour le bien de la communauté, qu’un dictateur peu scrupuleux optant pour le gain et les comptes offshore. Petit détail cool, il est possible de le personnaliser en choisissant le sexe, l’apparence et les habits. il faudra donc adapter le gouvernement en fonction de l’ère en cours ; 4 au total, époque coloniale, guerre mondiale, guerre froide et temps modernes. Chaque période connaît ses propres bâtiments, connaissances et rebondissements.

Bien entendu, il faut construire des bâtiments afin d’activer l’économie du pays et créer de l’emploi. Cependant, la gestion ne s’arrête pas là et impose également de s’occuper des lois, des relations avec les différents partisans (écologistes, capitalistes, communistes…), d’obliger la population à voter en votre faveur à travers des discours électoraux… Enfin, nous voulons dire, convaincre les habitants que vous êtes formidable, bien entendu ! Le plus important sera d’asservir, disons plutôt, de mettre tout le monde d’accord sur les différentes îles constituant de grands archipels. Il sera donc indispensable de mettre en place des moyens de transport (bus, tramway, taxi…) et des infrastructures inédites (ponts et tunnels). D’ailleurs, la construction des liaisons rappelle Railway Empire, également édité par Kalypso Media.

batiments coloniaux

Une prise en main ardue

En effet, il y a vraiment beaucoup de paramètres à gérer dans Tropico 6, cela va de la construction de bâtiments au contrôle des foules pour éviter un soulèvement populaire. Même si le système de la roue pour accéder aux différents menus s’avère assez bien organisé, il est difficile de tout appréhender. De plus, l’affichage, bien que tactile, se révèle très petit et s’avère usant à utiliser, un clic de travers et c’est le drame.

Roue Menu
Roue de contrôle

Pour vous donner une idée, il faut créer des emplois, des logements, des divertissements et également l’accès aux soins pour le peuple. Pour cela, il faut construire des infrastructures onéreuses et pour les financer, il est important de surveiller de près l’exportation, source principale de revenus. Donc, pour accroître la rentabilité, la production doit correspondre à la richesse minérale ou la fertilité du terrain pour maîtriser les coûts de production… N’oubliez pas non plus de déverrouiller des recherches grâce à des points dans la bibliothèque et d’organiser des raids dans les pays étrangers afin de vous emparer de leurs biens et d’imposer votre pouvoir.

Une difficulté exponentielle

Vous l’aurez compris, il s’agit d’un jeu complexe et complet. Heureusement, un didacticiel est disponible en plusieurs chapitres, dédiés spécifiquement à des sujets précis. Ainsi, pas besoin de tout refaire lorsqu’on a oublié une manipulation. Un mode Bac à sable permet également de se faire la main avant d’affronter les 15 missions de la Campagne. Ces défis sont d’ailleurs variés pour notre plus grand plaisir : bâtir une puissance économique sans logement, devenir une destination touristique incontournable… Les objectifs sont originaux et challengeant, le tout sur un fond de musique entraînant bien qu’un peu redondant.

didacticiel
Les habitués de la franchise pourront certes se passer du didacticiel mais cela ne veut pas dire qu’ils ne se retrouveront pas en difficulté par la suite. Tropico 6 manque d’outils de micro gestion et lorsque la balance économique penche dans le rouge, il est pratiquement impossible de rectifier le tir. Malgré les nouveautés comme la gestion d’urbanisme due aux archipels, le négociant vous poussant à user de votre compte en Suisse pour bénéficier d’importantes opportunités, les raids pour piller les monuments des puissances concurrentes… Les mécaniques restent les mêmes que dans les opus précédents et souvent, il suffit de multiplier certains bâtiments pour satisfaire les requêtes du peuple par exemple.

La direction artistique de Tropico 6 laisse à désirer


Quelle déception sur ce point… Après une ouverture sur une cinématique aux graphismes incroyables, on s’attend à un jeu magnifique, d’autant plus qu’il se déroule sur des îles paradisiaques ! Que nenni, les visuels ont été fortement altérés sur Switch et des textures sont manquantes. L’aliasing entache en permanence les images, sans même parler des saccades, le frame rate est en souffrance. C’est d’autant plus rageant puisqu’on peut personnaliser son magnifique palais mais tout pixélisé, ça en jette d’un coup beaucoup moins et il en va de même pour la Statue de la Liberté ou encore la Tour Eiffel.

Comme pour tout, on finit par s’y faire et on prend tout de même du plaisir à jouer de nombreuses heures puisque la campagne est longue. Le temps exact est difficile à définir puisqu’il dépend de votre façon de gérer les choses mais il y a de quoi occuper un bon moment n’importe quel joueur. Il faut cependant noter qu’il n’y a pas de mode multijoueur, que ce soit en local ou en ligne.

Tropico 6

Tropico 6 est disponible sur PC, PS4, Xbox One et désormais sur Nintendo Switch, depuis le 6 novembre 2020 à 49.99 €. Le tarif est un peu élevé mais le jeu ravira totalement les amateurs du genre.

Points Forts :

  • Une dimension politique propre à la franchise
  • De nombreux pôles de gestion…
  • …Pour une vraie sensation de contrôle
  • Un peuple doué de réflexion
  • Une scène internationale
  • Une bande-son dynamique
  • Un didacticiel en plusieurs chapitres

Points Faibles :

  • Des graphismes flous
  • Affichage trop petit pour le contrôle tactile
  • Pas de mode multijoueur
Aperçu
Graphismes
50 %
Durée de vie
90 %
Gameplay
80 %
Histoire
80 %
Bande-son
70 %
Salut les copinous ! J'ai trois passions dans la vie : le Roller Derby, manger et les jeux vidéo. Le jeu qui a le plus marqué mon enfance était The Legend of Zelda : Ocarina of Time sur N64. Puis, j'ai fait l'acquisition d'un PC Gamer, PS2, PS3, PS4, Wii, Xbox 360, Switch, 3DS... Ce que je préfère, ce sont les RPG pour vivre de grandes aventures ! Et un jour, j'ai pris une flèche dans le genou... Ah non, on m'informe dans le casque que ce n'était pas moi !

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