Le mythe de Lovecraft fait une fois de plus l’objet d’un titre vidéoludique avec The Mound: Omen of Chtulu. Développé par Ace Team et edité par Nacon , ce dernier se présente sous la forme d’un jeu d’extraction coopératif (jouable aussi en solo), dont la principale mécanique consiste à faire perdre aux joueurs tout sens de la réalité. Un concept qui mise sur la folie pour un jeu tout aussi fou ? Réponse dans notre test.
Un concept de folie
Ce qui nous a encouragé a découvrir The Mound: Omen of Chtulu, ce n’est pas tant l’idée qu’il explore le mythe du Chtulu, sorti tout droit de l’esprit de Lovecraft et qui semble être une source inépuisable d’inspiration pour les développeurs indépendants que sa façon originale d’explorer ses possibilités en terme de gameplay. Parce que si le jeu aborde le genre extraction shooter, reprenant néanmoins une grande partie de ses codes, il le fait avec une subtilité prometteuse: celle de faire perdre au joueur toute notion de la réalité. Plus vous passerez de temps dans ces forêts, plus vous vous isolerez, et plus les pouvoirs occultes des lieux auront raison de votre folie, vous faisant voir et entendre des choses que les autres ne verront pas toujours.
Mais commençons par le début. Ici, l’action se déroule en 1652 et vous incarnez un conquistador qui part en quête d’un mystérieux lieu appelé Le Tertre, qui donne son nom au jeu. Pour ce faire, vous allez partir sur les traces d’anciens explorateurs, chasser de trésors en trésors, d’île en île, jusqu’à atteindre votre objectif final. Une fois en jeu, après un prologue jouable (qui ne sert strictement à rien), les choses sérieuses commencent. Vous vous retrouvez donc sur un galion, qui sera votre hub pour le reste du jeu et après avoir sélectionné judicieusement votre personnage ( non, c’est juste du skin), vous pourrez choisir un contrat. Ce dernier vous demande de ramener une valeure minimale de trésors (systématiquement des Idoles de métal). Ensuite, vous choisissez l’île que vous souhaitez explorer (on y reviendra) puis c’est parti, vous voilà embarqué, seul ou jusqu’à 4 joueurs dans l’antre de la folie.
Une fois le pied à terre, vous devrez donc fouiller les recoins pour trouver des idoles et certaines ressources qui vous aideront à affronter les lieux. Chaque île renferme également un livre qui vous permettra de débloquer de nouvelles zones et vous trouverez aussi certains survivants, qu’il faudra au préalable affronter avant qu’ils ne reprennent conscience et deviennent par la suite des personnages jouables voire dans certains cas, des membres d’équipages de votre galion. Lorsque vous choisissez une île où embarquer, vous avez une indication des conditions climat/temps etc. Vous saurez donc d’avance si vous jouez par temps de pluie, de jour, de nuit etc… Malheureusement en terme de gameplay, ça ne change pas grand chose, si ce n’est la pluie qui bloque toute possibilité d’utiliser des armes à mèches. Si seulement c’était le seul problème…
C’est vraiment pas de la Tertre
Si The Mound: Omen of Chtulu est pensé comme une expérience multi, il propose néanmoins un mode solo…qui ne sert à rien, en plus d’être une véritable torture en terme de difficulté. Concrètement, vous avez un PNJ qui vous accompagne au cours de votre escapade. Un personnage qui, tantôt fait preuve de belles fulgurances en tant qu’allié IA, tantôt nous donne des sueurs froides de par sa bétise et ses actions incompréhensibles. Mais avec un seul personnage en guise de compagnon, autant dire que l’intérêt principal du titre part quasiment en vrille. Il aurait peut-être été judicieux de laisser le choix aux joueurs du nombre de compagnons. Simple suggestion. On doit également gérer notre inventaire via une charrette qui nous accompagne à chaque expédition. L’inventaire est très limité, nous obligeant à enchainer les allers retours. Là où ca pose problème,c’est que la dite charrette fait souvent preuve d’égarement et ne suit pas toujours le chemin qu’elle est censé suivre. Elle a aussi son importance pour la survie puisqu’elle permet de « ramener » des alliés éliminés par les monstres du coin avant que les lieux ne les transforment en zombie se retournant contre nous. Au delà de ça, jouer seul, devient très vite Mission Impossible, surtout quand la forêt « se réveille » et lance une horde d’ennemis quasiment imbattables à nos trousses (on a pas vraiment compris comment marchait l’horloge du jeu à ce niveau).
Une difficulté accrue par un gameplay imprécis et lourd au possible. On a bien ouïe que la volonté était de rendre la jouabilité volontairement lente, le but n’étant pas d’aller à l’affrontement. Mais entre un gameplay lent et un gameplay ch**nt, il y a un monde…Entre la lourdeur du personnage, la latence en terme de visée, le manque absolu d’impact des armes…rien n’est fait pour procurer une quelconque sensation de fun manette en main. Pourtant, Ace team met bien en place des éléments de game design pour tenter de rendre l’experience immersive, outre les hallucinations, certaines idées comme la gestion du bruit ou la fragilité des armes nous obligent à jouer avec prudence, mais le tout est vraiment plombé par ce gros manque de justesse en gameplay. La direction artistique se pose là aussi en terme d’immersion, avec un rendu des lieux plutôt convaincants, assez détaillés en végétations, le tout bénéficiant d’un très bon design sonore. Sur le plan technique, on partait clairement pour un bilan très mitigé. Mais il semble qu’une mise à jour récente a considérablement amelioré notre constat initial, le jeu tournant maintenant bien mieux, même si les 60 fps annoncés, désormais bien perceptibles, ne sont pas toujours stables.
Il faut en revanche admettre qu’en coopération, l’expérience reste quand même plus consistante et convainquante, malgré une lassitude qui s’installe un peu trop vite. Mais les hallucinations, auditives ou visuelles, et les tromperies du jeu quant à la réalité de notre entourage, mettent davantage la pression et confèrent de meilleurs sensations de jeux lorsqu’elles sont partagés entre joueurs. La communication reste d’ailleurs fortement conseillé, d’une part parce que vos collègues pourront vous signaler toute entourloupe et d’autres part parce que The Mound inclut aussi le chat vocal de proximité dans ses effets hallucinatoires. A terme, vous pourrez explorer un peu plus d’une quinzaine de map, qui auraient clairement gagné avec un système de génération procédurale, afin de mieux renouveller les chasses au trésor.
Résumé de notre test de The Mound : Omen of Chtulu
The Mound : Omen of Chtulu part sur un concept d’extraction shooter plutot original. Dans son contexte historique déjà, puisqu’on est sur autre chose ici que le coté futuriste auquel le genre est souvent associé mais aussi par rapport à sa mécanique principale, faite d’illusions en pagailles. Une mécanique qui reste fun à partager en coopération pour diverses raisons bien moins lorsqu’il s’agit d’expérimenter le tout dans un solo tout bonnement inutile et présent ici sans que l’on sente la conviction des développeurs dans ce mode. dans tous les cas, l’expérience de jeu se révèle au final assez fastidieuse à cause d’un gameplay qui a malheureusement oublié d’être fun. C’est dommage, car on se dit qu’il faudrait un rien pour qu l’expérience de jeu soit aussi prenante que le promet le concept. Mais ce rien est trop important pour que l’on puisse parler d’un titre vraiment plaisant. De notre coté, et jusqu’a d’éventuelles améliorations de gameplay, on la qualifiera plutôt de frustrante, voire barbante.
The Mound : Omen of Chtulu est disponible depuis le 15 Juillet 2026 sur PC, PS5 et Xbox Series X|S
Les points forts
- Un concept original et plutôt maitrisé
- Plutôt fun en coopération…
- Une ambiance et une direction artistique soignées
Les points faibles
- Un mode solo inutile et frustrant
- Mais ca devient redondant après quelques parties
- Un gameplay très mal calibré
- Des soucis techniques et des bugs qui enfoncent le clou

