Test Saros : un tps qui éclipse la concurrence ?

Après avoir séduit et surtout traumatisé les joueurs avec Returnal, le studio finlandais Housemarque revient enfin aux affaires avec Saros, sa nouvelle exclusivité PlayStation 5. De la SF cryptique, une planète hostile et une structure qui sent bon la boucle infernale :  Saros est-il un Returnal 2 qui ne dit pas son nom, ou une vraie nouvelle proposition ? réponse dans notre test.

Test Saros : les carcasses de Carcosa

Carcosa est une planète bien étrange, mais avant tout, on ne peut plus bénéfique pour la société Soltari. Elle regorge de Lucénite, une énergie dont une simple goutte équivaudrait à 10 tonnes de carburant ou un truc dans le genre. Ni une ni deux et comme toute société diabolique pensant avant tout à son intérêt au détriment des vies humaines, elle dépêche donc plusieurs équipes afin d’extraire cette matière révolutionnaire. Mais le contact a été mystérieusement coupé et c’est désormais autour de l’Echelon IV d’être dépêché sur place, dans le but d’enquêter sur cette rupture soudaine de communication.

Arjun Devraj, notre héros est donc l’un de ces membres. Très vite, on prend conscience de l’étrangeté temporelle et atmosphérique de ces lieux ô combien infernaux. On comprend aussi qu’une civilisation y a vécue et est aujourd’hui portée disparue. Pour couronner le tout, une sorte d’éclipse (le titre du jeu y fait référence) est de la partie et, en plus de bouleverser le comportement des monstres de passage, les rendant notamment plus fort encore, alterne aussi le discernement des membres d’Echelon IV.

Saros gameplay screenshot ps5

Arjun va donc devoir enquêter sur tout ça, tout en cherchant des réponses à une quête personnelle, dont nous tairons tous les tenants et aboutissants. L’histoire et la narration de Saros ont davantage de mise en scène par rapport à Returnal, notamment via davantage de cinématiques. Mais elle reste au global toujours aussi cryptique et demande une implication poussée, passant par des journaux et autres logs audios, qui permettront de mieux saisir les enjeux. Mais la finalité de tout ça à le mérite, avec un minimum d’implication, de proposer une conclusion plus concrète, plus claire et abordant certaines thématiques d’actualité.

Un gameplay toujours exigeant, mais plus permissif

Comme avec son prédécesseur, c’est dans son gameplay que Saros fait la différence. Tout en assumant son héritage. Il est toujours question d’un véritable ballet d’ennemis et d’orbes lumineuses et colorées en tout genre et le titre parvient constamment, et c’est admirable, à conserver non seulement une fluidité parfaite et une lisibilité qui l’est tout autant. Mais dans Saros, Housemarque y ajoutent plusieurs paramètres qui vont rendre l’expérience plus grisante, plus permissive, mais pas moins punitive.

Niveau accessibilité, on retrouve donc un arbre d’amélioration, appelée matrice d’armure, qui permet d’obtenir des améliorations passives et permanentes, offrant ainsi plus de puissance au fil des essais et des morts.  Pour obtenir ces améliorations, vous devrez récupérer de la Lucénite, que vous pourrez récupérer sur les ennemis que vous éliminerez. Toutefois, si le fait de mourir vous ramène au Passage, lieu qui sert de hub et de point de départ, cela vous fait également perdre une bonne partie de votre précieuse ressource, alors mieux vaut faire preuve de prudence dans certains cas et rentrer au bercail via des téléporteurs. Pour autant, le jeu ne se veut pas moins exigeant qu’un Returnal.

Saros reste toujours aussi punitif et il faudra régulièrement étudier le terrain, les mouvs ennemis et bien lire les patterns des boss pour espérer en sortir vainqueur. À cela s’ajoute d’ailleurs les Modificateurs Carcosiens. Des modificateurs qui permettent d’activer des bonus ou malus censés faciliter ou, au contraire, contraindre davantage la progression.  Ne vous attendez pas non plus à ce qu’ils renversent vos parties.  Certes, elles s’en retrouvent un peu plus facilités (il faudra quand même attendre quelques heures avant de les débloquer) mais pour pouvoir valider ces modificateurs bénéfiques, vous devrez contrebalancer en activant des modificateurs exigeants.

Ça permet d’équilibrer davantage tout en proposant un défi un poil plus accessible. Mais le must du gameplay de Saros, c’est indéniablement son bouclier. Plus que de simplement servir à se protéger d’attaques (bien que ce ne soit pas toujours le cas), ce dernier est aussi un absorbeur de dégâts et on peut même dire que le cœur du gameplay tourne autour de ce bouclier. D’une part, absorber les attaques vous permet de les reconvertir en énergie pour arme énergétique, mais par la suite, vous pourrez également les renvoyer sous forme d’ondes sismiques. Bref, le jeu peut souvent vous encourager à foncer dans le tas, avec modération.

Vivre. Mourir. Recommencer

Tout comme sa prédécesseure, Carcosia est une planète aussi hostile que changeante, où le temps ne suit aucune logique linéaire. Les 5 biomes qui composent l’univers sont interconnectés, offrant ainsi à terme l’occasion de les tenter d’une traite, sans repasser par le Passage, obligatoire lors d’un premier run, narration oblige. Le level design semble parfois curieux, en plaçant par exemple des plateformes bondissantes de manière un peu trop aléatoire.

Mais qui dit Roguelike dit forcément multitudes d’armes et l’arsenal de Saros se veut plutôt convainquant sans être ce qu’il y a de plus généreux dans le genre.  En gros, vous retrouverez principalement 5 armes scindées en 3 catégories. C’est surtout dans leurs tirs secondaires, activables en appuyant à moitié sur L2, que ces dernières tirent leur épingle du jeu et si beaucoup nous ont parues inégales, vous trouverez forcément votre favorite suivant vos runs. Runs que vous démarrerez toujours avec la dernière arme récupérée, avec le niveau de maitrise au plus bas.

Saros gameplay screenshot ps5

Pour la changer, il vous faut simplement ouvrir des conteneurs (certains nécessitant une Clé Carcosienne trouvable dans d’autres conteneurs) et espérer tomber dessus. Leur niveau de puissance dépend de votre niveau de maitrise, que vous pourrez améliorer via la matrice d’armure. Ces conteneurs proposent également des reliques passives qui, là aussi, peuvent aider à faciliter votre progression. Vous êtes toutefois limités en nombre de reliques (tout ayant droit à une proposition assez généreuse quand même) et en mode éclipse, choisir des reliques contraint également à consentir à quelques sacrifices.

Mais en bref, Saros vous offre une large possibilité en termes de modulation, sans jamais renier l’exigence que l’on attend d’un tel jeu. Vous aurez aussi la possibilité de recommencer les biômes autant que vous voulez et d’une part, on vous le conseille pour découvrir tous les chemins, qui ne sont pas accessibles lors des premiers runs et aussi parce que ce sera obligatoire si vous voulez récupérer tous les journaux audios et écrits, nécessaires à la compréhension de l’histoire.

Une eclipse radieuse

On va terminer ce test de Saros sur la note technique et, oui, c’est beau. C’est beau et surtout c’est extrêmement fluide. 15h de jeu nous ont été nécessaires pour voir le bout du chemin, soit plus de 55h en temps nécessaire par manque de talent de votre serviteur (et c’est loin d’être le pire score…) et à aucun moment, nous n’avons surpris le jeu vaciller, ou alors à des moments tellement rares et discrets que les noter serait vraiment chercher la toute petite aiguille dans l’énorme botte de foins. La direction artistique, entre architecture mécanique et organique nous a également fait de l’œil, perfectionnée par l’atmosphère aussi belle que lugubre de Carcosia.

Là où on aura à redire, ce sera plutôt sur certaines textures, en particulier sur le visage des protagonistes et leurs expressivités pas franchement convaincants, y compris en ce qui concerne Arjun. Enfin, si on ne le souligne quasiment plus dans nos tests, du fait d’une utilisation gadget la plupart du temps, Saros rentre indéniablement dans le très haut du panier des meilleures utilisations de la Dualsense. Autant dire d’ailleurs que les fonctionnalités propres à la manette de Sony demeurent ici carrément indispensables. Précisons par ailleurs que nous avons testé le jeu sur une PS5 classique.

Résumé de notre test de Saros

Si Saros avance dans les pas de Returnal, il améliore sa formule avec une narration un peu moins cryptique et surtout en offrant une difficulté à la carte et au global une expérience plus accessible sans pour autant renier l’expérience ardue que l’on attends dans un jeu estampillé Housemarque. Ce n’est pas le roguelike le plus généreux qui soit mais en s’ouvrant un peu plus qu’aux joueurs de niche, avec son gameplay fluide et son système de bullet ballet, offrant un véritable feu d’artifice visuel dans une danse effrénée d’orbes, de dash et autres contre-attaques, vous risquez d’avoir du mal à lâcher la manette.

Et lorsque vous arrivez enfin aux termes d’un combat contre un boss, que vous avez mis un peu (trop) de temps à vaincre car vous n’aviez pas totalement assimilé ses patterns, ça vous procure un de ces plaisirs rares d’accomplissement. Ceux-là même qui nous rappellent pourquoi on adore s’infliger ce qui s’apparente à de la torture mentale.

Saros sera disponible le 30 avril 2026 en exclusivité sur PlayStation 5.

Les points forts

  • Une difficulté « à la carte » grâce aux reliques, aux améliorations permanentes et aux modificateurs de Carcosia.
  • Une narration un peu plus engageante et moins cryptique que Returnal…
  • Dans le haut du panier sur l’utilisation de la Dualsense
  • Direction artistique au top et véritable bullet ballet lumineux et coloré, qui ne sacrifie jamais ni la fluidité, ni la compréhension visuelle

Les points faibles

  • Un level design aux choix parfois étonnants
  • …mais qui reste quand même nettement en retrait
  • Pas le plus généreux des roguelikes en terme d’arsenal
  • Un certain déséquilibre au niveau des armes, d’ailleurs
  • Quelques textures qui peinent a convaincre, notamment sur les visages.
Graphismes
85 %
Durée de vie
85 %
Gameplay
100 %
Histoire
75 %
Bande-son
95 %

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Maximus
Maximus
Quelque part, dans un des millions d'univers infinis qui composent notre multivers, je déteste les jeux vidéos. Je n'y éprouve aucun intérêt et pire, je me montre particulièrement condescendant envers les "gamers". Mais c'est un autre univers.

Articles Récents

Instant Gaming image
Après avoir séduit et surtout traumatisé les joueurs avec Returnal, le studio finlandais Housemarque revient enfin aux affaires avec Saros, sa nouvelle exclusivité PlayStation 5. De la SF cryptique, une planète hostile et une structure qui sent bon la boucle infernale :  Saros est-il...Test Saros : un tps qui éclipse la concurrence ?