Final Fantasy Resonance : notre preview de la démo

Prévu pour le 22 octobre prochain, Final Fantasy Resonance s’est récemment offert une démo particulièrement généreuse puisqu’elle permet de parcourir l’intégralité du premier chapitre. L’occasion de découvrir ce nouveau projet de Square Enix, construit sur les cendres du jeu mobile Brave Exvius pour le transformer en RPG premium, destitué de toute sa sève « Gacha » et surtout, de voir ce que donne enfin la cultissime licence en HD-2D. Un retour aux sources qui sent bon le FF à l’ancienne ? Voici notre preview.

Final Fantasy Resonance : retour vers le cristal

Avant toute chose, il faut évidemment parler de l’éléphant dans la pièce : Final Fantasy Resonance trouve ses origines dans Brave Exvius, ancien RPG mobile gratuit, dont il reprend notamment les personnages et une partie de la trame narrative, sans les aspects financiers plus ou moins relous que ca implique. Dit comme ça, il y avait probablement de quoi refroidir quelques ardeurs. Pourtant, le jeu ne donne franchement pas l’impression d’être un simple titre mobile auquel on aurait retiré son système de gacha avant de lui coller une jolie couche de peinture. Tout ici a été revu pour prendre la forme d’un RPG plus traditionnel et ça se remarque dès les premières minutes. On retrouve Rain et Lasswell, deux chevaliers de Grandshelt qui vont rapidement croiser la route du mystérieux Veritas des Ténèbres.

Ce dernier détruit le cristal de la Terre et donne ainsi le coup d’envoi d’un périple visant à protéger les cristaux restants et par extension, la paix dans le monde, l’équilibre, toussa toussa… Cristaux, chevaliers, vaisseaux et magie: difficile de faire beaucoup plus FF. Alors oui, le scénario ne surprend pas franchement pour le moment. Rain et Lasswell remplissent des rôles assez classiques et l’écriture manque parfois d’un peu de naturel, en particulier lors de certains dialogues. Néanmoins, l’introduction réserve déjà quelques passages plus sombres et Fina, qui rejoint assez rapidement notre duo, apporte une dynamique plutôt sympathique au groupe. Reste surtout à voir comment tout ca évoluera sur toute l’aventure mais pour le moment, Resonance joue clairement la carte du récit à l’ancienne plutôt que celle de l’originalité.

HD-2D, mais pas que

Final Fantasy Resonance réponds à une question simple : à quoi ressemblerait la série si elle avait continué à pousser toujours plus loin le pixel art ? Dans les faits, le résultat donne l’impression de regarder un épisode de l’époque Super Nintendo passé à travers plusieurs générations de technologie. Les sprites sont joliment animés, les décors profitent d’une profondeur assez impressionnante et les éclairages viennent régulièrement donner énormément de relief à l’ensemble. Quant aux deplacements, ils se font dans un environnement entièrement en 3D, un peu comme les refontes récentes de Dragon Quest, en somme.

Encore plus surprenant, certaines cinématiques utilisent carrément des modèles en 3D auxquels le jeu applique un rendu pixelisé. Le résultat peut parfois sembler déroutant mais permet surtout à la mise en scène de gagner énormément en dynamisme. Entre les sprites, les portraits dessinés pendant les dialogues, ces fameuses cinématiques 3D pixelisées et certaines attaques beaucoup plus spectaculaires, Resonance mélange plusieurs directions artistiques différentes mais ca fonctionne parfaitement, au point que l’on peut affirmer qu’il s’agit à date de l’une des plus belles utilisations de la HD-2D. A se demander pourquoi Square Enix, instigateur du style avec Octopath Traveler, a attendu aussi longtemps avant de tenter l’expérience sur sa licence phare.

Chacun son tour

Avec ce nouvel opus, le studio japonais revient au bon vieux tour par tour.  Mais attention, aussi classique soit-il, le système cache déjà pas mal de subtilités. Pour commencer, une timeline situé en haut de l’écran permet de visualiser les tours de chacun. Rien de particulièrement révolutionnaire jusque-là mais elle prend surtout de l’importance grâce au système de posture. Chaque adversaire dispose en effet d’une jauge de choc, situé sous la jauge de vie. Une jauge qu’il est possible de vider, notamment en exploitant ses différentes faiblesses. Une fois celle-ci réduite à zéro, l’ennemi est déstabilisé, perd en défense et surtout, ne peut plus effectuer son prochain tour. Et ça change pas mal de choses. Plutôt que de simplement chercher à infliger le maximum de dégâts, il devient rapidement intéressant d’observer cette fameuse timeline pour déterminer le meilleur moment où provoquer une déstabilisation. Avec un boss sur le point de lancer une grosse attaque, par exemple, briser sa posture au bon moment peut tout simplement sauver le groupe, puisque vous pourrez par exemple enchainer plusieurs attaques en même temps.

Le système possède donc quelque chose d’assez immédiat à comprendre tout en laissant déjà entrevoir une jolie profondeur. D’autant que les combats restent particulièrement vifs pour du tour par tour. Les animations s’enchaînent rapidement, les attaques ont suffisamment d’impact et le jeu ne donne pas l’impression de vouloir transformer chaque rencontre aléatoire en bataille de quinze minutes. Et heureusement, puisque oui, Final Fantasy Resonance assume aussi le retour des rencontres aléatoires, signifiés ici par des petits bips rouge sur la carte lorsque vous êtes sur le point de rencontrer des ennemis. Un choix qui fera probablement grincer quelques dents mais qui, compte tenu du rythme des affrontements, ne nous paraît pas particulièrement problématique pour le moment.

Final Fantasy Resonance screenshot ps5

Une Vision plutôt claire du système de classes

L’autre grosse mécanique de Resonance, ce sont les Visions. Celles-ci sont les essences des différents héros, directement issus des anciens épisodes, et même des plus récents. Cloud, Terra ou encore le Guerrier de la Lumière, le héros originel viennent donc se joindre indirectement aux festivités dans cette démo. Dans le jeu complet, la panoplie sera composée de 26 « visions » dont 16, qui seront tirés des 16 jeux principaux numérotés. Sur le papier, on pourrait facilement craindre le gros fan-service, histoire de faire briller les yeux des habitués de la licence. Et soyons clair : c’en est. Mais au moins, le système ne s’arrête pas à faire apparaître Cloud pendant quelques secondes afin que tout le monde puisse refaire le meme de DiCaprio qui pointe son doigt vers l’écran.Une Vision apporte différentes capacités au personnage qui l’équipe et celles-ci peuvent progressivement être apprises. Une fois maîtrisée, une compétence peut même rester équipée tout en changeant de Vision, à condition de respecter une limite de coût.

Autrement dit, le jeu reprend finalement en partie le système de jobs historique de la licence en permettant de mélanger progressivement les compétences. Et c’est probablement là que Resonance dévoile son plus gros potentiel. On peut déjà imaginer spécialiser un personnage dans un rôle bien particulier ou, au contraire, lui donner suffisamment de polyvalence pour compenser un manque dans le groupe. Une Vision peut apporter un élément dont on manque cruellement face à un boss tandis qu’une autre permettra de renforcer les capacités défensives ou de soin. Tout cela reste évidemment assez limité dans le premier chapitre mais les possibilités entrevues donnent très envie de voir jusqu’où le jeu poussera ses builds une fois la totalité des Visions disponibles.

Entrez en Résonance

Ces fameuses Visions ne servent d’ailleurs pas uniquement à apprendre des compétences. Lorsque certaines conditions sont remplies, notamment en déstabilisant l’ensemble des ennemis au cours d’un même tour, il devient possible de lancer une  Résonance. En gros, il s’agit d’ une attaque ou d’une compétence spéciale liée à la Vision équipée, qui s’accompagne d’une séquence nettement plus spectaculaire que les attaques traditionnelles. Et là encore, le système fonctionne plutôt bien puisqu’il récompense directement une bonne utilisation des mécaniques de combat.

 À cela viennent également s’ajouter les fameuses Chimères, invocations indissociable de la série, que l’on pourra notamment obtenir via l’histoire et certaines quêtes annexes. Une fois invoqués, ces derniers  restent aux côtés de l’équipe et attaquent automatiquement durant trois tours avant de quitter le combat non sans lancer une ultime attaque. Entre personnages, Visions, compétences héritées, faiblesses, posture, Résonances et Chimères, ce premier aperçu laisse donc entrevoir un système autrement plus riche qu’un simple retour nostalgique au tour par tour.

Un vieux Final Fantasy dans un corps tout neuf

L’exploration suit finalement la même philosophie que les combats : remettre au goût du jour une structure assez ancienne. Pas de grand monde ouvert rempli d’une quantité invraisemblable d’icônes. Resonance préfère retrouver des villes, des zones plus compactes, des donjons et une progression qui rappelle beaucoup plus directement les anciens épisodes. On fouille les chemins secondaires, on ouvre quelques coffres, on tombe sur des affrontements optionnels et surtout, on peut partir à la recherche de différents sanctuaires permettant de récupérer certaines Visions. Le premier chapitre est d’ailleurs étonnamment fourni pour une démo. En prenant son temps avec les quêtes annexes, les différents secrets et quelques combats plus costauds, il y a facilement de quoi s’occuper plusieurs heures.

Ce qui permet aussi de réellement prendre la température du jeu plutôt que de couper l’expérience au moment précis où les mécaniques commencent à devenir intéressantes.On notera tout de même quelques petits éléments plus agaçants, notamment des interventions vocales qui peuvent devenir assez répétitives en combat. Le mélange de langues utilisé pour certaines Visions risque également de ne pas convenir à tout le monde, celles-ci continuant de s’exprimer en japonais même en passant le jeu en anglais.Rien de franchement rédhibitoire, mais suffisamment présent pour qu’on espère quelques options supplémentaires dans la version finale.

Résumé de notre preview de Final Fantasy Resonance

Final Fantasy Resonance est probablement bien plus intéressant que son statut de nouvelle adaptation de Brave Exvius pouvait le laisser imaginer. Cette première partie propose un retour au Final Fantasy classique qui ne cherche absolument pas à s’en cacher. Cristaux, combats au tour par tour, rencontres aléatoires, invocations et exploration relativement traditionnelle : Square Enix avance tout en regardant clairement dans le rétroviseur. Pour autant, difficile de parler d’une formule poussiéreuse. Le système de posture et surtout les Visions apportent déjà une vraie dimension stratégique aux affrontements. Pouvoir apprendre des capacités avant de les mélanger avec celles provenant d’autres héros laisse imaginer une construction d’équipe particulièrement riche sur la durée.

Et puis évidemment, impossible de ne pas évoquer cette sublime direction artistique.  Final Fantasy et HD-2D fonctionne du tonnerre, encore plus quand le jeu varie les tons et les choix esthétiques. Reste l’histoire, pour l’instant beaucoup plus classique, ainsi que la grande inconnue concernant la capacité du système de combat à continuer de se renouveler après plusieurs dizaines d’heures. Mais pour ce premier chapitre, la nostalgie résone effectivement avec le renouveau, et clairement, ca marche du feu de dieu. Il nous tarde maintenant de voir si le jeu complet parviendra à transformer cette jolie déclaration d’amour aux anciens Final Fantasy en aventure capable de se construire sa propre identité.

 

Final Fantasy Resonance sortira le 22 octobre 2026 sur PC, PS5, Xbox Series X|S et Nintendo Switch 1|2.

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Maximus
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Dans cet univers-ci, contrairement à ce que pourrait laisser penser mon ancienne bio, j’aime toujours autant les jeux vidéo. Je suis un joueur assez généraliste, capable de passer d’une grosse production à une petite perle indépendante simplement parce que son univers m’intrigue. Grand amateur de cinéma également, j’accorde beaucoup d’importance aux ambiances, à la mise en scène et aux histoires que les jeux cherchent à raconter. Tests, actualités, tutoriels ou cinéma : la curiosité reste généralement mon meilleur guide.

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