Critique Thor: Love and Thunder, du love dans l’éclair. ( Garantie sans spoilers)

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Tonerre ! Thor, dieu tout fringuant et tout puissant du MCU se voit offrir une 4ème incursion au cinéma, de nouveau sous la houlette de Taika Waititi avec pour double objectif de revoir son régime minceur et de faire sa fête à Christian Bale, ici dans le rôle du badman de service. Passé les honneurs d’être le seul Avenger de la phase une à avoir droit à 4 films dédiés, que nous offre ce Thor: Love and Thunder ?

C’est un mec chauve, peau grisâtre qui tue des Dieux…

Heureusement que Taika Waititi a modifié le design de son « GodKiller » parce que si en plus, il fallait que Christian Bale, le mec qui a joué Bateman et Batman ( Ça ne s’invente pas ) ressemble à l’autoproclamé plus grand sorcier du monde, ça aurait fait beaucoup à encaisser. Après c’est le réalisateur qui le dit, n’allez pas croire que c’était pour que Bale soit parfaitement reconnaissable sous son maquillage. Bon c’est vrai que planquer son visage sous un masque pendant tout un film, ça va bien 5 min !

Homme chauve peau grisé forêt
Zeus ! Ton fils et de r…oups ! pas le bon film…

Gorr of War

Dans sa dernière aventure sur grand écran, Thor  va donc sortir de sa retraite très électrique en compagnie de Star-Lord et sa joyeuse bande pour affronter Gorr, un individu bien décidé à faire la fête à tous les Dieux de l’univers. Pour cette tâche ô combien ardu, il sera aidé de Valkyriela guerrière alcoolique ainsi que de Korg le sympathique tas de cailloux et Jane Foster, qui après s’être offert le costume de son ex copain pour son excursion à la Comic Con, s’est dit que ça serait bien de pousser le délire plus loin.

femme costume Thor forêt
Best cosplay ever.

Cela dit, rassurez-vous, le retour de Nathalie Portman dans la peau cette fois-ci de Mighty Thor est bien amené et justifié notamment par un twist assez culotté dont nous tairons ici la nature et la teneur. En même temps, il faut dire que ce retour a aussi le mérite d’éclaircir les raisons de la séparation entre le Dieu du tonnerre et la jeune scientifique et d’offrir en plus un rôle que l’actrice souhaitait de longue date. Certes, Taika Waititi ne s’encombre pas d’explications pseudos-multiversels mais il offre néanmoins des justifications aux allures de tragédie, couvert en grande partie par son humour très personnel et on va le voir, cet humour pourtant si apprécié de l’épisode Ragnarok dont s’occupait déjà le cinéaste néo-zélandais constitue cette fois l’un des principaux problèmes du film…

Un rythme à la vitesse de l’éclair.

Pas le temps de s’ennuyer devant ce Thor: Love and Thunder. En moins de 2h, le comédien/ réalisateur/scénariste se donne pour mission de condenser un tas d’événements qui doivent chambouler d’une manière ou d’une autre le destin du Dieu à la chevelure soyeuse. Et de ce coté là, le défi est globalement réussi. « Globalement » car si le scénario suit une certaine logique dans le déroulement des événements et de fait tiens plutôt bien la route, difficile avec ces 2 petites heures au compteur d’éviter les écueils du script rushé. Et le premier à pâtir de cette durée est le méchant incarné par l’ex-interprète de Batman.

En effet, si l’on pourrait penser à tort ou à raison que Christian Bale fut avant tout motivé par un chèque que l’on imagine pleins de zéros, il n’en reste pas moins que l’acteur se donne à fond dans le rôle de cet antagoniste, dont les motivations de vengeance peuvent totalement se comprendre. Seulement voilà, il y a beaucoup de choses à raconter dans Thor 4. Ce qui implique de sous-développer tout l’arc autour de ce « Boucher des dieux« , le cantonnant donc à sa fonction dans l’intrigue mais passant outre sa personnalité, anéantissant ainsi toute possibilité d’empathie envers le personnage. Disons plutôt que cette empathie est purement formelle et doit surtout à la performance de l’acteur.

femmes et homme costume super héros Thor
Quand tu veux apporter ta pierre à l’édifice et que t’es relégué au second plan…

Par ailleurs,ce n’est pas le seul du casting à souffrir de ce rythme condensé: Si Valkyrie et Korg sont toujours aussi appréciables grâce à leurs interprètes respectifs qui prennent ici un évident plaisir à retrouver leur personnages, on ne peut que regretter leur quasi inutilité dans le récit. Pire, la dynamique du duo entre Tessa Thompson et Chris Hemsworth si réussie dans l’épisode Ragnarok est ici sacrifiée au profit du couple Thor / Jane certes plus touchant mais assurément moins fun.

Thor, Asgardien de la galaxie.

Avec sa touche si personnelle et reconnaissable entre mille, Taika Waititi a delivré une nouvelle image au Dieu du tonnerre. Avec son approche bien plus pop, acidulé et teintée d’une forte propension à la comédie, le tout emballé dans une délectable saveur Eighties, le cinéaste a opté pour une vision plus décontracté et plus cool du personnage. Au point d’en avoir tout de même ses détracteurs qui ont regretté le personnage plus Shakespearien des comics et des deux premiers volets.

Autant dire que ce n’est pas ce nouvel épisode qui va les réconcilier avec le réalisateur. Ce dernier offre quasiment les mêmes ingrédients visuels et gimmicks du précédent volet, Led Zeppelin cédant ici sa place au mythique groupe de rock d’Axl Rose mais se démarquent néanmoins par un aspect plus allégé et quelques scènes à la photographie plutôt singulière, dont une particulièrement agréable dans un noir et blanc très « Sin City » dans l’âme. Malheureusement, pour ces détracteurs et même pour les fans de Ragnarok, le film ne parvient jamais vraiment à faire cohabiter la tragédie et l’humour. Une approche venant systématiquement casser l’autre à tour de rôle. Difficile ici de dire qui de l’humour ou de la tragédie devait primer mais force est de constater que l’un dans l’autre, la farce ne prends pas vraiment, si l’on passe outre quelques vannes qui parviennent à sortir du lot et faire rire de bon cœur ( mention spécial au running gag des chèvres… )

Au niveau visuel également, la sauce ne rends plus tellement non plus. Alors oui, le tout reste assez propre et certains décors ou effets de style se démarquent, tels que la séquence Black and White, ou les décors tout dorés de la demeure de Zeus, le Dieu parmi les Dieux ( hilarant Russel Crowe au passage ) mais il n’y a finalement pas énormément à se mettre sous la dent en termes de décors et de rendus visuels. En même temps, à près de 30 films estampillés MCU, difficile de faire un reproche total sur le renouvellement de l’aspect artistique mais pour ce qui constitue tout de même le quatrième film de l’un des Avenger originaux, on aurait préféré une barre placée nettement plus haut, de même que pour l’intrigue et le scénario qui en font un film de bien plus petite envergure que ne l’aurait laissé croire son statut sur le papier.

affiche pop perosnnages super héros
Un film clairement pas aussi brillant que cette affiche.

 En conclusion, ce Thor: Love ou Thunder ?

En tentant de faire cohabiter une intrigue plus tragique à l’humour si décomplexé de Ragnarok, Taika Waititi ne se réconcilie clairement pas avec les détracteurs de son univers et prends même le risque de perdre quelques fans au passage. Si on regrettera une aventure peut-être un peu faible pour ce dernier passage ( ?… ) du Dieu du tonnerre au cinéma et une intrigue expédiant  ses enjeux à la vitesse de l’éclair, on ne boudera pas notre plaisir devant ce Thor: Love and Thunder honnête et souvent amusant divertissement, qui ne laisse jamais le temps de s’ennuyer et prend même la peine de réserver quelques petites surprises.

Surtout et comme souvent avec le MCU, restez bien jusqu’au bout du générique…

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