Élu meilleur jeu étudiant au Fun and Serious Game Festival de Bilbao en 2016, Tessera Studios voit son jeu commercialisé grâce à l’éditeur Daedalic le 13 février 2019 sur PS4. Intruders Hide and Seek a été conçu de prime abord pour le PSVR : vous incarnez Ben, un garçon de 13 ans qui doit secourir sa famille. Famille capturée par trois voleurs, deux hommes et une femme. Votre seule chance d’y arriver ? Faire preuve de discrétion. En effet, le jeu est décrit comme basé sur la furtivité. Son prix s’élève à 20 dollars.

Nous avons testé Intruders Hide and Seek, et le jeu en vaut le détour. Pour ce test, nous avons dû faire l’impasse sur les graphismes, et sur beaucoup d’autres choses. Intruders Hide and Seek est un jeu qui, malgré le peu d’expérience des développeurs, aurait pu donner de vrais frissons aux joueurs. Malheureusement, quelques problèmes sont venus gâcher la fête.

Petites erreurs, grosses répercutions

Dès le départ, la rédaction s’est doutée de quelque chose. En téléchargement, Intruders Hide and Seek a mis un bon quart d’heure et il ne pèse que 2,2 Go.  Un jeu léger, ça veut dire qu’il n’est pas long ou que les graphismes sont sommaires. Dans tous les cas, ce n’est pas bon signe. Pourtant en voyant le menu principal, on s’est dit de ne pas partir sur des préjugés basiques. Menu sobre avec une petite musique d’ambiance, des commandes complètes et un réglage de la luminosité qui donne une idée de ce qui nous attend. Voyez tout ça en images.

Lancement du jeu. Et là, ça commence doucement. Trop doucement. La scène d’introduction confirme les graphismes de qualité moyenne, mais la caméra est fluide. Le son est mal maîtrisé : par exemple, si vous baissez la vitre de la voiture et que vous tournez la tête, vous entendez les gens parler comme si vous les aviez au téléphone. C’est un sound design qui fonctionnait très bien dans Resident Evil Revelations, parce qu’ils avaient le matériel pour !

Une histoire excellente, mais qui se fait attendre

Attention, il y a bien une histoire, et elle semble bonne ! Comme dit précédemment vous êtes Ben, un garçon de 13 ans. Vous, vos parents et votre petite sœur êtes en route vers votre maison qui a été réaménagée. Dans la nuit, vous décidez avec votre sœur de suivre votre père qui a apparemment construit une nouvelle pièce. Quand vous y entrez à votre tour, vous voyez sur les caméras que des invités peu fréquentables sont arrivés. Sorties bloquées, parents séquestrés et plus de téléphone, le joueur est face aux 3 voleurs qui n’hésiteront pas à faire de vous une descente de lit. Sympathique !

Jusque là, l’histoire est bonne. Mais avant tout ça : 2 scènes en voiture, 2 minutes de jeu où vous mettez la table et paf, encore une scène. Il fallait introduire l’histoire, les éléments importants : toutefois, une seule scène aurait suffi. Presque 8 minutes de jeu pour une introduction très lente, ça donne envie d’arrêter. De plus, l’essentiel de l’intrigue consiste à « faire les courses » : trouver un mot de passe, aller dans telle pièce pour tel objet, chercher les médicaments de votre sœur..

Intruders Hide and Seek ou Maman j’ai raté l’avion ?

On va ne pas cracher dans la soupe sans vergogne, il y a quand même des choses positives. Tout d’abord, le Gameplay. Vous devez vous cacher ou être très silencieux pour vagabonder dans la maison. Trois solutions : marcher accroupi, marcher normalement ou courir. Des cachettes sont à votre disposition, et vous pouvez ouvrir ou fermer des portes. Un système qui se veut très intuitif ! Si quelqu’un vous entend marcher normalement, il viendra vers vous et patrouillera la zone pendant quelques minutes. Selon votre emplacement, les ennemis vont changer de pièce. L’idée est bonne : on est loin du pattern basique à connaître par cœur !

Se cacher = se condamner ?

Les cachettes sont nombreuses dans Intruders Hide and Seek, certes. Mais nous vous déconseillons d’entrer dans celles qui nécessitent d’être accroupi. En effet, notre version du jeu (et nous espérons qu’il s’agisse d’un bug unique) nous a fait de mauvaises surprises. Les cachettes où l’on se retrouve accroupi ont fait alors apparaître le personnage principal debout. En clair, pas moyen de sortir de la cachette, pas de déplacements possibles sauf de la caméra, même votre carte sera indisponible !

La seule chose à faire, c’est de retourner au menu principal et de revenir sur votre partie. Deuxième mauvaise surprise : vous reprenez votre partie au dernier objet de quête atteint ET ramassé. Premièrement, la maison est immense et les ennemis sont compliqués à éviter. Deuxièmement, si vous avez atteint un objet et que vous vous êtes fait remarquer une seconde après, tant pis ! Vous devrez réchapper à vos poursuivants jusqu’à atteindre l’objet de quête suivant.

Un jeu à la Forest Gump

En parlant de poursuites, vous allez passer un bon moment à courir. Les ennemis courent presque plus vite que vous, alors espérez qu’ils vous voient de loin. Les cachettes sont à utiliser avec parcimonie : si on vous suit et que vous vous cachez, les voleurs sauront où vous êtes puisqu’ils vous collent aux fesses. La meilleure astuce pour leur échapper, c’est de courir 2 ou 3 minutes en espérant ne pas croiser un second ennemi, ou de vous cacher… à côté des cachettes. Ce n’est pas une blague, ça fonctionne de temps en temps !

Même si les cachettes beuguées nous ont donné des fous rires, il y a une chose que l’on trouve dommage : l’I.A des ennemis. Quand ils perdent votre trace, ils ne fouillent pas vraiment la zone. Ils balayent leur regard de droite à gauche, et s’en vont. Quand on sait qu’ils peuvent vous entendre marcher ou entendre les fermetures de portes, c’est navrant. On peut tout de même applaudir l’initiative de Tessera Studios !

Une mauvaise gestion des sens

Visuellement, on voit bien que Intruders Hide and Seek cherche à nous mettre dans l’ambiance. Il fait noir dans la maison et l’orage gronde. On veut savoir qui sont ces gens, ce qu’ils veulent, et comment l’histoire finit. Mais il faut se rendre à l’évidence, ça ne fait pas vraiment peur. Il y a bien un son de cuivres quand les voleurs vous voient, quelques musiques minimalistes apparaissent vers la fin du jeu dans quelques pièces, mais rien de plus.

La rédaction s’est dit que cela permettait sûrement de se concentrer sur les pas des ennemis, ou les vôtres. Dans ce cas-là, mettez un casque et le son au maximum, sinon vous ne profitez du sound design qu’à moitié. Malgré cela, on sent que Tessera Studios a travaillé sur la bande-son, car elle s’adapte aux déplacements du joueur et/ou de la caméra. Malheureusement, il ne faut pas hésiter à monter le son. Il suffit que vous ayez quelques problèmes auditifs, votre expérience de jeu est fichue. Se fier au visuel vous dîtes ? Soit. Si vous suivez la directive du jeu pour la luminosité, vous ne voyez quasiment rien, même pas vos poursuivants. Expérience fichue aussi.

Si vous n’arrivez pas à avancer dans Intruders Hide and Seek, vous pouvez toujours partir à la recherche des documents, objets et morceaux de puzzles pour débloquer des trophées.

Une définition erronée de « horrifique »

Vous aurez peur dans ce jeu, c’est certain. La peur d’être vu, de faire trop de bruit. Toutefois, la peur va s’estomper très vite. On vous explique.

    • Votre sœur vous parle grâce à un talkie-walkie de temps en temps. Même si elle vous parle et que vous êtes proche d’un ennemi, il ne l’entendra pas. Même chose quand vous lui répondrez !
    • Le jeu est un pur Die and Retry. À force d’être attrapé, cela ne vous fera ni chaud ni froid parce que ça risque de vous énerver.
    • La quête est totalement illogique. La scène se passe aux États-Unis, pays qui a un numéro d’urgence que l’on peut faire sur ordinateur. Votre petite sœur est dans une chambre forte munie de caméras, d’électricité, et donc d’ordinateurs.
    • Autre problème de logique. Si votre sœur voit les voleurs sur les caméras, ne pourrait-elle pas vous aider en vous prévenant quand ils sont très proches ? Ils n’entendent pas votre talkie-walkie de toute façon.

Points Forts :

  • Un Gameplay intuitif et original, mais que l’on ne peut apprécier à sa juste valeur à cause des bugs de notre version
  • Une histoire prenante digne d’un jeu d’horreur
  • Un terrain immense, mais qui se limite en majorité à la maison
  • Un temps de jeu minimum de 5 heures pour terminer le jeu entièrement

Points Faibles :

  • De nombreux bugs à corriger (à ne prendre en compte que si les problèmes de cachettes sont généralisés)
  • Une I.A limitée, mais prometteuse
  • Des graphismes moyens
  • Un sound design à travailler encore un peu
  • Des objectifs plus libres
  • Un sentiment de peur peu présent
Aperçu
Graphismes
60 %
Durée de Vie
70 %
Gameplay
50 %
Histoire
80 %
Bande-son
60 %
Fan de littérature et de films d'horreur, je vous transmets ma passion pour les jeux vidéo ;) Peace !

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