Sorti depuis le 15 mai dernier (oui, on est à la bourre), le film horrifique Obsession à mis Hollywood à genoux. Plus de 400 millions de $ de recettes pour un budget inférieur à un million, c’est ce qui s’appelle un chouette retour sur investissement. Et pour une fois, le film est bien. Vraiment bien. Critique.
Make-A-Wish
Obsession vient donc traiter le sujet vu et revu du vœu qui tourne mal. Ici, c’est Bear, ado qui semble bien sous tout rapport mais, tout incapable qu’il est d’avouer ses sentiments à sa collègue de travail, Nikki, décide en toute inconscience d’imposer la réciprocité par la magie. En effet, notre chanceux du jour à mis la main sur un « One Wish Willow » dans une boutique ésotérique, bâton qui permet à son utilisateur d’exaucer un unique souhait. À peine Bear formule t’il le vœu que Nikki « l’aime plus que tout au monde », que cette dernière adopte immédiatement un comportement changeant…et devinez quoi ? obsessionnel.
Obsession est donc le premier long métrage de Curry Barker. Jeune youtuber américain surtout specialisé dans les petites vidéos humoristique en compagnie de son binôme Cooper Tomlinson, qui interprète Ian dans son film. Loin de simplement vouloir pasticher les petites productions horrifiques indés ou qui se font passer pour indés, Obsession est surtout un prétexte, sous son postulat de départ très simple, de traiter de thèmes très ancrés dans notre société moderne, autour de notre rapport dans les relations et de l’importance du libre arbitre.
Inde Navarrette, phénomènale à souhait
Barker ne cherche jamais à développer plus que ca le lore de son film. Comment fonctionne ce bâton, d’ou vient-il, comment expliquer le comportement changeant de Nikki, comment se manifeste cette dualité dans son corps, entre elle et son pendant « Freaky Nikki »: aucune explication, car ce qui compte ici, ce sont surtout les conséquences d’un acte aussi inconscient qu’égoiste. Et pour y donner forme, on peut compter sur un casting qui nous offre des prestations solides, en particulier le duo principal mené par Michael Johnston et Inde Navarrette.
Sur ce point, on ne peut pas passer sous silence la performance hallucinante de Inde Navarrette dans le rôle de Nikki. Tour à tour effrayante, touchante, parfois drôle, celle qui s’impose comme une des révélations de cette année 2026 offre une très grande palette d’émotions et une richesse de jeu époustouflante à cette jeune femme, prisonnière d’un désir qui n’est pas le sien. Bref, autant dire que les récompenses au titre de meilleure actrice risquent bien de pleuvoir sur la jeune femme d’ici la fin de l’année.
C’est bien entendu autour d’elle que tournent les scènes horrifiques du film. Scènes qui relèvent davantage de cette sensation malaisante, propre au concept d’Uncanney Valley plutôt que sur les jumpscares classiques. Ce qui n’empêche pas Barker d’en faire usage de temps à autre, de manière simple mais efficace. Mais que dire de ces moments où Nikki prends une démarche inhumaine où se retrouve avec un visage étrangement anormal, plongée dans l’obscurité ?
La belle et la vraie bête
À l’instar de Jordan Peele, réalisateur de Get Out, Barker signe avec Obsession une œuvre qui se veut davantage une comédie sociale qui use des ficelles horrifiques pour raconter ce qu’il a a raconter. Présenté comme un beau gosse attachant par sa timidité, on comprends très vite que derrière ce rôle de façade se cache le véritable antagoniste.
Obsession est avant tout un film sur la notion de consentement, de libre arbitre et dans une certaine mesure, sur la toxicité masculine, même lorsque celle-ci peut sembler innocente. Bear semble être un jeune homme bien sous tout rapport et beaucoup pourraient se reconnaître dans sa timidité et dans ce qui son désir de possession. Car Barker ne dénonce jamais ce comportement: il en montre les conséquences. D’autant plus terrifiant.
Résumé de notre critique de Obsession
Nouveau phénomène horrifique sorti de nulle part pour un budget dérisoire, Obsession nous a effectivement obsédé. Curry Barker utilise les codes du cinéma horrifique pour traiter du consentement et du désir de possession. Le jeune cinéaste utilise certains codes qui vont davantage jouer sur le malaise, le concept de vallée de l’étrange et beaucoup jouer sur l’obscurité pour instaurer la terreur chez le spectateur.
Trois concepts qui trouvent un équilibre parfait dans leur traitement scénaristique, notamment servi par un casting impliqué. Des idées qui gravitent notamment autour de Inde Navarrette. L’actrice, inconnue au bataillon sauf pour les fans de la série Superman et Loïs, y offre une performance inoubliable dans le rôle de Nikki, cette jeune femme pleine de vie, en proie à des désirs qui ne sont pas les siens.
Obsession, un film de Curry Barker avec Michael Johnston, Inde Navarrette et Cooper Tomlinson, en salles depuis le 15 mai 2026.

