PC Building Simulator est un jeu de simulation développé par Claudiu Kiss et le studio The Irregular Corporation, et édité par ce dernier. Le jeu est disponible dans sa version finale depuis le 29 janvier 2019 sur PC. Toutefois, il bénéficie depuis le 13 août 2019 d’un portage sur PS4, Xbox One et Nintendo Switch.
C’est justement ce qui va nous intéresser dans ce test ! Peut-on mettre les mains dans le cambouis des ordinateurs avec la simple force des boutons et des joysticks ? Et peut-on facilement devenir un bon réparateur informatique ? Réponse dans plus de 2 500 mots.
TEST – PC Building Simulator sur Nintendo Switch
Comme il s’agit d’un jeu de simulation, il n’y a pas vraiment de scénario à présenter. Néanmoins, le mode Carrière (principal mode de ce jeu), vous donne quelques détails. Ici, vous prenez le contrôle d’un atelier de réparation de PC, tout juste légué par votre oncle Tim, parti à la retraite. Il vous explique également qu’il n’a pas réussi à le faire fonctionner autant que voulu et que sa santé financière n’est pas à son beau fixe. Il vous laisse ainsi le soin de réaliser les réparations demandées par vos différents clients et de subvenir aux besoins de l’atelier. Ceci afin qu’il puisse continuer à opérer !
Avant toute chose, il est important de préciser que ce jeu s’adresse au minimum à des personnes initiées à l’informatique. Si cela ne vous a jamais intéressé de savoir ce qui se cachait à l’intérieur de votre ordinateur, ou bien si vous vivez dans une grotte à l’abri de la technologie, vous risquez d’être facilement perdu dans les missions qui vous seront confiées.
C’est pourquoi, dans un premier temps, nous vous conseillons de passer par le didacticiel « Comment créer un PC », via le menu principal. Dans ce tutoriel, vous apprendrez à monter un PC de A à Z à l’aide de composants déjà à votre disposition. Vous partez d’un boîtier totalement vierge, et ce sera à vous d’emboiter un à un les composants et de les brancher. Chacun d’eux bénéficie d’une légende détaillée, pour vous permettre de comprendre plus facilement son fonctionnement. Le tutoriel reste facile à suivre, et durera au plus 30 minutes, si vous prenez le temps d’analyser chaque matériel avant de l’installer.
PC Building Simulator : les prémices d’une longue carrière
Une fois prêt à vous lancer dans l’aventure, le mode Carrière vous propulse dans l’ex-atelier de votre oncle, avec bureaux et ordinateur à disposition. Lorsque vous ouvrirez vos e-mails pour la première fois, vous devrez terminer un travail entamé par votre oncle. Une fois ceci fait, vous renverrez l’ordinateur au client qui vous transmettra votre paiement. Et c’est ainsi que la machine est lancée : jour après jour, vous recevrez de nouvelles commandes de clients désemparés. Ils n’attendent que vous, tel un super-héros qui sauverait leur vie !
Chaque mission se déroule de la même manière. Vous acceptez la demande du client, et vous attendez qu’il achemine son PC jusqu’à votre atelier. Une fois réceptionné, vous le déballerez puis inspecterez ses composants et ses branchements. En fonction de ce qui vous sera demandé, vous aurez plusieurs choses à faire. Remplacer des composants, nettoyer la poussière, ou encore vérifier la présence de la pâte thermique pour refroidir votre processeur. Une fois que vous avez inspecté la tour, encore faut-il s’assurer que l’ordinateur puisse bien démarrer ! Vous disposez pour cela d’un poste d’essai où vous pourrez brancher la tour. Vous avez aussi une clé USB qui vous permettra d’effectuer des manipulations directement sur le poste, comme installer un antivirus pour désinfecter le PC.
Une fois votre travail terminé, vous renverrez l’ordinateur au client, qui vous transmettra par mail votre rémunération. Vous recevrez également des points d’expérience, qui vous feront monter en niveau par la suite. Ces level-up vous permettront de commander du matériel plus performant et d’avoir recours à des logiciels utiles.
Les galères de l’emploi du temps
La mécanique principale de PC Building Simulator repose sur la gestion du temps, qui va conditionner toutes vos actions. Lorsque vous acceptez les demandes de vos clients, il faut compter un jour ouvré pour recevoir le PC défectueux. Un jour ouvré s’étend du lundi au vendredi, vous ne travaillez pas le week-end.
Il faut profiter du temps de flottement pour faire vos emplettes sur la boutique de composants (accessible depuis votre propre ordinateur). C’est là que vous commanderez les pièces détachées dont vous aurez besoin pour procéder à la réparation. Attention là aussi à tenir compte des délais de livraison : vous avez le choix entre attendre un peu, ou bien opter pour une livraison immédiate, moyennant des frais de port qui ne seront peut-être pas à votre portée. Ce n’est qu’après réception des pièces que vous pourrez honorer les commandes de vos clients. En guise de conseil, lisez les demandes de tous vos clients pour un jour, puis achetez toutes les pièces en une seule fois. Cela vous évitera ainsi de payer des frais de port sur plusieurs commandes.
Les débuts du jeu ne seront peut-être pas tendres avec vous. Vous devrez vous endetter pour accomplir vos premières missions. Mais si vous vous débrouillez bien, vous passerez le stade du découvert bancaire assez rapidement. Tous les achats, toutes les commandes que vous acceptez, ainsi que les frais de fonctionnement de votre atelier figureront dans votre agenda. Ce faisant, vous en garderez une trace visuelle. Vous y accédez sur un mur, ou en prenant la sortie au moment de passer au jour suivant. Consultez-le attentivement : certains clients ont le feu aux fesses et exigeront que vous fassiez votre travail rapidement. L’emploi du temps vous permettra alors de vous organiser au mieux dans vos réparations.
PC Building Simulator : la rigueur est de mise
Si vous comptiez jouer la carte du speedrun et aller jusqu’au niveau max en un rien de temps, vous pouvez oublier. Si vous pensiez que PC Building Simulator consiste juste à faire le ménage et enlever les virus, détrompez-vous ! Le jeu va en réalité vous forcer à prendre du temps pour bien comprendre tout ce que l’on attend de vous.
Chapitre 1 : matos et budget
Tout d’abord, avant chaque mission, un tableau récapitulatif vous fait prendre connaissance de la composition du PC, avant que vous ne le receviez chez vous. Les détails qui vous sont fournis sont importants : vous en aurez besoin pour acheter de nouveaux composants dans la boutique. En effet, si vous ne respectez pas une certaine puissance pour votre processeur, un certain nombre de barrettes pour votre mémoire RAM, ou tout simplement si vous n’achetez pas la marque préférée du client, alors il se peut que le PC ne s’allume tout simplement pas. Et là, c’est le client qui râle ! Prenez donc le temps de bien analyser les e-mails de vos clients, la composition de leur PC ainsi que la description des composants dans la boutique pour ne pas vous tromper.
Ensuite, vous avez un certain budget à respecter. Même si vous voulez offrir le meilleur possible à vos clients, ils ne sont pas non plus riches comme Crésus. Certains ont donc peu de moyens pour se payer vos services. Aussi vous demanderont-ils parfois de privilégier des composants premier prix à installer sur leurs machines. Le budget dont ils disposent s’affiche dans leur e-mail, respectez-le au mieux ! Il vous arrivera aussi par moments d’essuyer les plâtres de l’ancien boss de l’atelier. Certains clients très remontés contre votre oncle exigeront que vous remplaciez leur matériel sans vous payer.
Chapitre 2 : le souci du détail
Comme dit précédemment, les missions à réaliser vous demanderont de disséquer le PC, et de remplacer quelques composants par des meilleurs. Dans ce genre de situation, on a tendance à aller très vite, quitte à oublier certains détails très importants. Par exemple, brancher le nouveau disque dur à la carte mère. Ou bien, refermer le boîtier du PC avant de le renvoyer au client. Ou encore, vérifier la pâte thermique refroidissante sur le processeur.
Dans le feu de l’action, ce sont des choses toutes bêtes que l’on peut négliger. Vous devrez alors redoubler de vigilance, car bien évidemment votre client s’y connaît mal en informatique et reviendra se plaindre en cas d’oublis. Heureusement, pendant les phases de réparation, un système de surbrillance vous guidera facilement dans tout le bazar du PC, et vous indiquera à quel endroit raccorder votre matériel. Un code couleur rouge / vert vous permet aussi de savoir quels composants vous pouvez immédiatement retirer de la tour, ou lesquels nécessitent d’abord de débrancher d’autres composants. Un travail d’assistance que l’on peut saluer pour des personnes qui n’ont pas l’habitude de démonter des PC.
Pour chaque mission, une feuille d’objectifs vous permet de suivre votre progression sur le poste d’un client. Même s’il vous indique les réparations à effectuer, sachez que cette liste ne vous dira pas forcément tout ! D’autres opérations à effectuer se cachent peut-être dans la mission, mais ne comptez pas sur cette liste pour vous dire quoi exactement ! Votre solution, là encore, est de lire très attentivement l’e-mail de votre client, afin de déceler d’autres objectifs. Ce sont des choses auxquelles il pense, mais qu’il n’a pas voulu vous demander formellement. Profitez-en alors pour perfectionner le travail !
Chapitre 3 : le joyeux monde de la critique
Tous ces détails auxquels vous prêtez attention tout le long de la réparation, le choix du matériel, les branchements dans la tour, la réalisation d’objectifs mentionnés et cachés… ne servent pas à rien : ils auront un impact direct sur la réputation de votre entreprise !
En effet, assez tôt dans le jeu, vous subirez les avis critiques des internautes sur votre travail. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que votre oncle ne vous a pas facilité la tâche ! Vous vous retrouvez à la tête d’une entreprise au service exécrable, avec des avis quasiment tous négatifs. Dans un monde où la concurrence existe partout, vous avez intérêt à remplir vos missions vite et bien si vous voulez vous faire une place dans la réparation de PC.
Au moment de récupérer l’argent de votre mission, votre client évaluera la qualité de votre travail (sur une note de 1 à 5 étoiles). Il laissera également un commentaire, si besoin. Plus vous avez respecté ses consignes, mieux vous serez noté. D’où l’importance de bien lire les e-mails avant de se mettre au travail. Et gare à vous si vous avez oublié de brancher des câbles avant de rendre le PC au client ! Avec une meilleure réputation, vous recevrez des missions plus complexes, moyennant une meilleure rémunération. Vous pouvez suivre au travers d’un logiciel les avis de vos 25 derniers clients, qui servent de base au calcul de votre réputation.
Call of Duty: Réparation de PC Warfare
Bon, on exagère un peu avec le titre, certes, mais la possibilité de contrôler votre personnage à la première personne tel un FPS ne laisse pas indifférent. Vous devrez beaucoup bouger dans votre atelier, que ce soit pour préparer la réparation d’un ordinateur, lire vos mails, ou bouger dehors !
Pendant les phases d’assemblage du PC, les contrôles du jeu sont simples. Il s’agit d’un système de « Point & Click », où l’on pointe avec un curseur à l’écran sur ce que l’on veut ajouter, câbler, ou retirer. Les boutons ZL et ZR des Joy-Cons, ainsi que le stick droit permettent de contrôler facilement notre vue sur la tour. Le tactile est également pris en charge.
Néanmoins, on sent bien que le jeu a subi un portage depuis sa version PC. Sans le curseur, certaines zones sont difficilement accessibles, comme les outils à insérer. Autre signe de l’origine du jeu : la police d’écriture est petite, voire très petite, ce qui complique par moments la lecture du texte, notamment sur le petit écran de la Nintendo Switch. Résultat : certaines légendes dans le didacticiel étaient illisibles, tellement elles étaient écrites en tout petit. Le jeu n’est pas injouable pour autant, mais dockez votre console et utilisez un écran plus grand pour le confort de vos yeux.
♪ Building The Ultimate PC Is My Vision ♪
Même si les missions sont assez diversifiées, certains rituels deviennent barbants à réaliser. Par exemple, brancher tout un tas de câbles avant de tester un PC. Ou encore dévisser / revisser constamment des compartiments pour nos composants. Heureusement, l’automatisation de ces rituels se débloque assez vite dans le jeu. C’est ce qui nous permet par la suite de rester concentrés sur le reste de la machine. On salue également le réalisme qu’a voulu apporter PC Building Simulator, car tous les composants utilisés sont réels et issus de fabricants populaires (Intel, Nvidia, ATI…). Par ailleurs, si travailler pour des clients vous fatigue, vous pouvez toujours construire vos propres ordinateurs en « Création libre ». Contrairement au mode Carrière, tout sera déjà débloqué d’avance, ce sera à vous de faire marcher votre imagination pour créer les PC de vos rêves.
Son et image
Niveau graphismes, ce n’est pas forcément le genre de jeu où l’on attend des textures dignes d’un jeu AAA. Surtout lorsque c’est ce sont des indépendants qui s’y collent. Le jeu fait son travail et nous propose une immersion simple mais réussie à la première personne dans notre petit atelier. Les graphismes restent simples et se constituent surtout de couleurs unies. On notera toutefois que la poussière dans les tours est tellement réaliste qu’elle ralentit la Nintendo Switch !
Enfin, pour ce qui est de la bande-son, l’OST de PC Building Simulator se compose de 10 chansons, essentiellement pop-rock. On notera également la présence d’un rap assez marrant sur le thème de l’assemblage d’un ordinateur. Ces musiques viendront s’ajouter comme un bruit de fond pendant que vous travaillez sur les machines. On peut ajouter à cela les quelques bruitages liés au lancement du système d’exploitation et à vos déplacements dans l’atelier. Toutefois, on fait vite le tour de la playlist, qui se répète en moyenne toutes les 30 minutes. Cela devient tellement répétitif que l’on finit par couper le son du jeu, surtout lors de longues sessions. À défaut d’ajouter plus de musiques par défaut, on aurait aimé la possibilité d’ajouter les siennes.
Pour rappel, PC Building Simulator est disponible depuis le 29 janvier 2019 sur PC. Son portage sur consoles le rend aussi disponible depuis le 13 août 2019 sur PS4, Xbox One et Nintendo Switch.
Points forts :
- La gestion d’un atelier au jour le jour
- La sensation de réalisme apportée à la construction du PC
- Un jeu qui nous pousse à réfléchir sur ce que l’on fait
- Une prise en main facile
- Des graphismes corrects pour un jeu du genre
- Une OST qui se fond bien dans le jeu…
Points faibles :
- …mais dont on fait vite le tour
- Une écriture très petite par moments
- Quelques tâches assez répétitives
- Un jeu qui saccade par moments sur la Nintendo Switch
- Peu adapté aux néophytes en informatique