Test God of War: Sons of Sparta- Kratos cède aux sirènes du metroidvania

Annoncé à la fin du dernier State of Play avant de sortir en shadowdrop dans la foulée, God of War: Sons of Sparta vient tâter le terrain du Metroidvania. En résulte un titre pas vraiment déplaisant mais loin aussi de faire le poids face à la plupart des cadors. Voici notre test.

Edit*: En amont de la publication de ce test, nous avons appris la disparition ce 22 février de Eric Peter, comédien de doublage qui assurait entre autres la voix française de Kratos dans la trilogie God of War originale. Toutes nos pensées et nos condoléances vont vers sa famille et tous ses proches.

God of War: Sons of Sparta-Retour en enfance

God of War: Sons of Sparta est né avant tout d’une volonté du studio Mega Cat de travailler sur cette licence, si l’on en croit une interview sur le PlayStation Blog. Donc il ne s’agit pas complètement d’un jeu opportuniste pour Sony, dans la mesure où c’est bien ce jeune studio, specialisé dans les titres 2D façon Megadrive qui est le premier à avoir démarché Sony avec un pitch. Une réponse favorable plus tard, les voilà en collaboration avec l’expertise narrative de Santa Monica pour développer tout ça.

Le pitch nous invite dans les pas d’un jeune Kratos, cette époque où il n’était encore qu’un ado boutonneux mais déjà tellement responsable, n’était pas encore le Fantôme de Sparte. Cette époque loin de celle où il se dressait contre les Dieux de l’Olympe et plus loin encore de celle où il foulait les terres nordiques aux côtés d’un fils. ici, Kratos est un paidiskoi de l’Agogée (un apprenti guerrier  pour faire simple). Brandissant modestement son autorisation de sortie d’Eirené, celui-ci va alors parcourir la Laconie, accompagné de son frère Deimos, pas humble pour un sou, afin de retrouver un camarade mystérieusement disparu.

L’histoire est en fait racontée par un Kratos adulte à sa fille Calliope. Une approche qui donne un côté assez mélancolique à la narration et est surtout l’ occasion ici de retrouver la voix du Kratos original, en la personne de T.C Carson. En version française, il semble en revanche que ce soit Frederic Souterelle, voix du Kratos « moderne » qui soit de la partie. Une performance reconnaissable et très papa poule qui tranche avec le caractère bien plus brut de décoffrage à laquelle nous sommes habitués. Si l’histoire met en avant la relation entre Kratos et son frère ainsi que sa perception des Dieux, elle est aussi prétexte à l’exploration…

GoW Sons of Sparta Screenshot ps5

God of War: Sons of Sparta- un Metroidvania à la fois classique et frustrant

C’est donc sur le terrain du Metroidvania qu’ont choisi de jouer les développeurs de Mega Cat Studio. Sur ce plan, pourquoi pas. La proposition est, il faut le dire assez généreuse. Avec des tas de secrets à découvrir, des lieux sur lesquels on revient après avoir débloqué les bons outils, les temples en fin de parcours qui permettent de se téléporter etc… temples qui d’ailleurs, mettent en place des réceptacles d’offrandes qui permettent d’obtenir diverses améliorations.

Sur le papier donc, God of War: Sons of Sparta offre le minimum que l’on demande à un Metroidvania (quand on est un tant soit peu exigeant avec le genre). Seulement, avoir les éléments c’est bien. Exploiter leur potentiel, c’est mieux. Et c’est là que ça…on ne va pas dire que ça s’écroule parce que malgré de nombreuses frustrations techniques, l’aventure reste globalement agréable à jouer, mais on peut clairement parler d’un gros manque. Oui, l’exploration et le backtracking sont présents mais on ne ressent que rarement le plaisir de revenir sur nos pas.

Parce que le jeu nous force aux très longs allers- retours, avant que l’on ne débloque la téléportation via les temples. Parce que nos nouveaux dons ne redéfinissent jamais, ou alors extrêmement peu, le gameplay de ces zones. Et ce n’est pas le système de combat, malgré un semblant de richesse (mais alors vraiment un semblant quoi…) qui va changer la donne, surtout face à des ennemis bêtes à manger du foin. Outre leur propension délirante à zoner  au bout d’une plateforme, ils se contentent de répéter les mêmes schémas d’attaques, quelle que soit notre approche.

GoW Sons of Sparta Screenshot ps5

Un contenu assez généreux sur le fond pour un jeu souvent lassant sur la forme

Si l’aspect Metroidvania reste classique, on aurait pu s’attendre à ce que le tout transpire l’identité God of War. Et sur le fond, l’apport narratif de Santa Monica nous entraîne en terrain connu, avec des thématiques assez puissantes. La fin du jeu, surprenante au demeurant en est une petite apothéose. Mais sur la forme, on ne reconnaît pas franchement l’univers si brutal dépeint dans les jeux 3D. Oui, le sang est là. Surtout via des finish moves au ralenti permettant, le temps d’une micro-seconde de retrouver l’extase d’un Kratos enervé.

Mais au global, le ressenti manque de cet impact propre à la licence. C’est dommage car sur le reste, on y retrouve bien les éléments qui font l’identité des jeux, sans parler du fait qu’on en a vu des zones variées en 15h de jeu. Seulement, le studio s’est peut-être loupé sur le plus important. D’ailleurs, on revient aussi sur cette petite polémique lié au mode deux joueurs, annoncé sans qu’on ne le retrouve dans les menus du jeu. Vous l’avez peut-être vu entre temps, c’est en effet un mode défi local qui se débloque après avoir fini une première partie.  Et là, notre question est toute simple: pourquoi ne pas avoir chercher à inclure ce mode dans l’histoire ?

Il y avait là un potentiel intéressant à exploiter.  Il peut bien sûr y’avoir des raisons techniques qui rendent la question plus complexe qu’elle en a l’air, mais ça donne vraiment le sentiment d’une occasion manquée, surtout quand les éléments mis en place demeurent basiques. De son côté, la direction artistique n’est pas franchement désagréable, avec de jolis petits arrières-plans qui évoquent effectivement ce retour en Grèce antique. Seulement là aussi, on reste sur une proposition assez impersonnelle, comme ci le studio se contentait de reprendre les codes les plus basiques du pixel art sans chercher à le transformer. La preuve en est avec une ost de Bear McReary plutôt efficace, qui reprends souvent les nappes d’un bon vieux jeu sauce 90’s.

GoW Sons of Sparta Screenshot ps5

Un système de combat fade

Kratos n’étant pas encore le puissant guerrier qu’il est amené à devenir, non, il n’a pas encore sa hache ou encore ses fameuses chaînes déchiquetantes. Ici, il doit  principalement se contenter d’une lance et d’un bouclier. On dit principalement car, tout comme dans les jeux récents, il peut modifier certains aspects de son arme et améliorer ses attaques, sans compter les différents « cadeaux » de la part des Dieux, tels qu’une fronde par exemple, pour ne pas trop en dire. Mais seulement, tout manque d’impact et le niveau d’IA est si puéril que la plupart du temps, on va juste spammer la touche carré.

Ce n’est pourtant pas faute d’avoir inclus des systèmes intéressant, comme cette astuce qui consiste à choisir le type de coup en fonction des orbes dont on a besoin (r1+carré pour des orbes de santé, juste carré pour orbes d’esprit) ou bien toutes ces améliorations qui ne demandent qu’à être exploitées. Mais pour ça, il aurait fallu que le bestiaire et au global le game design nous en donne l’envie. Malheureusement, ce n’est pas le cas. Est-ce qu’on a passé un mauvais moment ? Non. Mais est-ce qu’on a le sentiment de joueur à un Metroidvania classique avec un petit skin God of War ? Oui.

GoW Sons of Sparta Screenshot ps5

Le resumé de notre test sur God of War: Sons of Sparta

Avec cette mouture qui nous invite à revivre un bref passage dans la jeunesse de Kratos, Mega Cat propose une aventure sous forme de Metroidvania pas désagréable à parcourir mais bien trop impersonnelle pour en retenir une expérience de jeu captivante. Il y avait bien des éléments pour en faire un titre un peu plus marquant mais à l’inverse d’un The Lost Crown, qui a parfaitement su retranscrire les codes de Prince of Persia dans le genre Metroidvania, ce God of War: Sons of Sparta donne surtout le sentiment d’un jeu classique auquel on aurait collé l’étiquette « Kratos ».

Alors il en reste un jeu globalement honnête, avec une narration simple et mélancolique, ainsi qu’ une direction artistique qui offre de jolis arrière plans, sans parler  bien sûr un contenu plutôt généreux qui vous occupera un bon moment, à savoir une bonne vingtaine d’heures si vous voulez tout découvrir. Mais pour le même prix, qui certes, reste dans la fourchette moyenne ici, on ne saura que vous recommander des jeux qui ont une approche meilleure, sinon plus personnelle du genre.

God of War: Sons of Sparta est disponible depuis le 12 février 2026 sur PS5.

Les points forts

  • Un contenu généreux
  • Tous les éléments attendus d’un Metroidvania  sont là…
  • Une direction artistique avec de jolis arrière plans…
  • Une narration mélancolique qui met en avant les thématiques fortes de la saga
  • Par certains aspects, on retrouve bien l’identité de la saga God of War

Les points faibles

  • Une expérience de jeu trop impersonnelle
  • …mais c’est vraiment le service minimum
  • …au pixel art on ne peut plus basique
  • Le ressenti manette en main ne ramène pas à la brutalité de la saga
  • L’IA des ennemis, sans commentaires.
Graphismes
70 %
Durée de vie
80 %
Gameplay
60 %
Histoire
60 %
Bande-son
75 %

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Maximus
Maximus
Quelque part, dans un des millions d'univers infinis qui composent notre multivers, je déteste les jeux vidéos. Je n'y éprouve aucun intérêt et pire, je me montre particulièrement condescendant envers les "gamers". Mais c'est un autre univers.

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